Maman le p’tit bateau…

Après avoir joyeusement fracassé des tronches à travers toute l’Europe l’année dernière pour les 10 ans du bébé, Ad Noiseam revient en fanfare à Paris investir le Batofar le 28 Septembre. Au menu, Igorrr et son gallino-n’importe-corrr, The Outside Agency a.k.a la fine fleur de la Drum & Bass teintée de Hardcore néerlandaise, le « dubstep » monstrueux de Hecq, le breakcore incomparable de Enduser, et l’âme torturée de Subheim. 5 noms parmi les nombreux autres qu’Ad Noiseam peut se targuer de produire, 5 artistes complets et aux styles variés, des valeurs sûres aux étoiles montantes, représentantes de la diversité des musiques électroniques d’aujourd’hui, et oui, j’ose le lyrisme, de demain. Parce que ce que nous propose Ad Noiseam, ce 28 septembre, n’est rien d’autre que du lyrisme pur à coup de snares et bass, de la poésie à base de distortions et de kicks bien dans nos faces. Oui m’dame, d’la poésie m’dame. Voyons un peu :

The Outside Agency

Alias DJ Hidden et Eye-D, l’Agence a ouvert ses portes en 1996 sur le florissant (mais néanmoins bien plat à mon goût) territoire néerlandais. Cette noble terre (plate donc) a donné naissance au fil des siècles… ok, n’exagérons rien, au fil des ans à des artistes accomplis qui ne sont probablement pas moins que les meilleurs représentants de la scène Hardcore et ce que certains appellent la Dark Drum’n’Bass, et n’oublions pas quelques trublions des genres tels que Bong-Ra. Aujourd’hui, le vénérable label PRSPCT, tenu par le sympathique Thrasher (qui nous a bien ravagé la gueule avec ses petits copains à l’Astropolis) fait figure de référence dans le domaine, dénichant les talents dans toute l’Europe, de l’Espagne à la Russie, en passant par les Pays-Bas donc, terre décidément très plate, qui a vu l’avènement du Crossbreed, genre révolutionnaire que s’amusent à explorer les joyeux DJ Hidden et Eye-D (The Outside Agency donc), entre Drum’n’Bass furieuse et Hardcore brutal. Vous suivez, non ? Bon, c’est pas très grave, sachez juste que si mon texte est bordélique, leur musique est inversement proportionnellement implacable, qu’on va en prendre plein la gueule, qu’ils nous joueront pour la première fois les morceaux de leur troisième album, et que donc, ça sera chez Ad Noiseam, et vous n’avez pas vraiment besoin d’en savoir plus, bordel !

Igorrr

Chez Tartine, on ne présente plus Igorrr. Comment parler de cet artiste hors du commun et hors des cadres sans tomber dans la pâmoison écoeurante et la vénération autiste ? Bon. Quoi dire ? Igorrr est la moitié de Whourkr, ce qui donne déjà une piste. Nous voilà bien avancés. Faisons simple : Igorrr c’est une poule, des snares, des borborygmes, du gruikcore, des titres d’une insanité à faire pâlir de honte le Jack Nicholson de Vol au dessus d’un nid de coucous, des visuels d’albums à vomir, d’ailleurs, du vomi, yen a aussi, du clavecin, des mouches, de la sueur de caniche, Dieu, Antonin Artaud, des guitares plus ou moins torturées, mais Igorrr c’est surtout un putain de magicien qui arrive à produire un son en même temps écoeurant et jouissif, en même temps bordélique au possible et d’une précision hallucinante. Saupoudrez d’un humour non-sens et acerbe, et vous obtenez trois albums chez Ad Noiseam. J’ajouterai juste que notre joyeux luron nous gratifiera de morceaux de la prochaine trépanation qu’il nous prépare, j’ai nommé « Hallelujah« . Comme dirait l’autre enflure : « What else ? » Lâche donc ton café capitaliste et vient donc subir Igorrr, Georges, ça devrait répondre à ta question.

Hecq

Ben Lukas Boysen est un artiste hors du commun. Hors du commun car inclassable. Certain l’appellent Dubstep, d’autres Breakcore, d’autres encore le qualifient d’un fainéant Bass Music. Et puis il y a ceux qui ne l’appellent pas et qui viennent plutôt l’écouter pour son premier concert à Paris… Son dernier album, Avenger, nous a fait l’effet d’une belle petite bombe. Il y a une espèce de solennité presque cinématographique dans cette musique, une maîtrise qui nous apparaît comme une évidence et qui nous cloue à chaque écoute. J’sais pas pour vous, mais personnellement, j’ai relativement hâte d’être cloué à la coque rougeâtre du Batofar par les wobbles du monsieur.

Enduser

L’américain Lynn Standafer est un des maîtres incontestés du breakcore. Depuis des années, il peaufine un son unique en son genre, un breakcore léché, empli de ses humeurs et dans lequel il laisse transparaître à souhait sa personnalité. Avec Even Weight, rarement les machines et les codes du breakcore ne sont apparus aussi humains et intimes. Enduser réussit un savant mélange entre douceur, nostalgie et violence, représentant habilement les va-et-viens de l’âme, dans toutes leurs complexités, et nous entraîne dans quelque chose qui relève de bien plus que du déchaînement classique et propre au breakcore. Un son mature, affiné, travaillé à l’extrême, d’une puissance incomparable. Et pour retourner aux choses plus prosaïques, il s’agira ici de sa seule apparition française avant… euh… longtemps. Qu’on se le dise.

Subheim

Fer de lance de la scène Electronica grecque, Subheim glisse petit à petit vers des sphères plus expérimentales, plus personnelles, plus acoustiques (ohmygod, oui, vous avez bien lu, ACOUSTIQUES). Bon, je vais pas vous la faire comme si j’étais un grand connaisseur de sa musique, ce serait vous flouer, mais sachez juste que son dernier album s’appelle No Land Called Home, de chez Ad Noiseam évidemment, et qu’il vous reste deux semaines pour le découvrir et l’écouter en boucle, si comme moi vous êtes un impardonnable inculte. Et pour ceux qui le connaissent déjà, sachez simplement que pour son premier concert en France, l’Athéno-berlinois nous prépare de nouveaux morceaux issus de son prochain album… et qu’on peut d’ors et déjà se délecter de cette somptueuse vidéo.

The Last Gate from repaze on Vimeo.

Que la poule d’Igorrr te maudisse toi et ta famille jusqu’à la 666e génération si tu loupes cette nuit unique

Bien. Il me semble que la messe est dite. S’il reste des récalcitrants à la boucherie, j’ajouterai simplement que le prix de cette nuit de sabbat n’est que de 12 euros (mais j’ai ouï dire que certaines enseignes poussaient le vice jusqu’à se faire 2 euros 50 sur la prévente, que la honte les terrasse), 15 euros aux portes du Batofar. ET que M. Ad Noiseam himself nous finira avec son DJ set. Alors pas d’excuses. De telles occasions se font trop rares dans notre vieille cité bourgeoise et sur-fliquée, et Ad Noiseam nous offre sur un plateau flottant une nuit qui s’annonce mémorable, alors vous avez intérêt à être nombreux, TUDJUUUU !

l’évènement sur Facebook

Ehoarn

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Un commentaire

  1. Ouhlàlà oui ça va être méchamment bon cette nuit de folie !
    Trop hâte d’y être…

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