Kaometry, à géométrie multiple

kaometryBon, plutôt que de vous dire « j’ai tellement la flemme que je vais chroniquer trois EP en un seul article », je vais présenter les choses autrement. On va dire qu’aujourd’hui est un jour faste puisque Tartine va faire un focus-portrait-analyse détaillée de Kaometry, avec interview exclusive et révélations sensas’.

Kaometry, dont l’adresse du site traîne dans notre page-dinosaure « liens » depuis la création du site sans qu’on en ait jamais parlé, ni chroniqué une seule de leur sortie, méritait quand même un peu qu’on s’y attarde, depuis le temps.

Il se trouve que j’ai fini par écouter – et même apprécier, c’est vous dire – les trois EPs qu’on m’a envoyé et qui viennent de sortir sur le label (même si j’aime pas le format EP).

Parmi ces EPs, Enkephalin est probablement celui qui ressemble le plus à rien (de connu). Allant chercher dans les rythmes (abstract) hip-hop, usant et abusant des silences et imperfections rythmiques qui procurent à son son une agréable touche Do It Yourself un peu bordélique, ça fonctionne bien, même si ça manque probablement un poil de cohérence, et si j’aurais bien aimé que ça se perde dans des envolées un peu plus violentes parfois (mais ça c’est juste moi qui ai un problème, probablement). C’est urbain, c’est wobble bass à fond et plein de révèrb’, c’est groovy, c’est un peu limite des fois, mais c’est amusant. Oui, voilà, on s’amuse, ça met de bonne humeur, ça accompagne le café et c’est pas piqué des hannetons (je ne sais pas ce que ça veut dire, mais j’utilise quand même tavu).

BeK, lui, incarne le côté le plus doux du tryptique, et j’ai presque envie de dire que c’est encore plus compliqué pour en ressortir quelque chose de vraiment intéressant. Les ingrédients ne sont pas vraiment innovants, encore une fois, mais c’est bien dosé, c’est lent comme il se doit, la mélodie est assurée par ce qu’il faut de claviers (ou autre, j’en sais rien) éthérés en toile de fond, et les envolées glitchées sont droppées au bon moment. L’EP est cohérent et homogène, et délicieusement teinté d’une nostalgie presque palpable.

Et puis Xeroderman, l’énervé de la bande. Encore une fois, rien de bien nouveau sous le soleil du breakcore, tous ces sons sont bien connus des amateurs éclairés du genre, mais ya pas vraiment de raison de bouder son plaisir, le moins qu’on puisse dire c’est que c’est maîtrisé et diablement efficace. Si j’ai un peu de mal avec les voix samplées de Flow Mullets, l’impertinence de Dead of the Night en ravira plus d’un. Et puis ça fait penser à une autre release de Kaometry, un peu plus brutale encore, Autonon (même si j’ai lâché par la suite).

Bref, BeK, Enkephalin et Xeroderman, pas (que) des inconnus notoires, mais pas non des grands noms, assoient mine de rien, chacun avec leur contribution modeste, l’image et la cohérence de Kaometry en tant que label : une diversité, une hétérogénéité mais une vision indéniablement sensée d’une certaine musique chaotique. Alors on est pas dans l’expérimentation breakcoresque fasciste, hein, ça reste assez soft, et donc relativement peu révolutionnaire, mais il faut voir ces trois EPs comme autant de briques qui construisent petit à petit mais sûrement les ponts et autres passerelles entre les genres qui ne demandent qu’à être décloisonnés. D’ailleurs, quelle meilleure façon de jeter des ponts que de se remixer les uns les autres dans une sale orgie consanguine ? Alors peu importe si Xeroderman vous donne envie de réécouter les vieux Venetian Snares ou les récents Ruby My Dear, peu importe si BeK vous fait penser à du Saycet à peine plus énervé, et que tout ceci ne vous semble pas forcément innovant. Si l’innovation était une obligation, on ferait plus rien.

Et non, pas d’interview ni de révélations sensationnelles, c’était juste pour vous pousser à lire l’article.

Pour acheter l’un ou l’autre ou le troisième de ces EPs (en digital uniquement), c’est sur le bandcamp de Kaometry.

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