Times, la (presque) Dance Music de David August

David August

Soyons clairs et précis : la deep house et tous ses dérivés dancefloor-sunlight-cocktails-bikinis ne sont vraiment que très peu à mon goût. Je veux bien admettre que des rythmiques basiques, répétitives et abrutissantes soient appropriées lors d’une séance chilling sous un palmier eivissenc à siroter un Sex on the Bitch entouré de nymphettes en quadrikinis monoïées jusqu’aux racines capillaires, mais – je l’avoue autant que je l’assume – cela ne fait pas réellement partie de mon quotidien.

C’est pourtant bien dans cette catégorie musicale que se range David August. Mais si je me permets de vous en parler c’est bel et bien que l’on touche ici à quelque chose de nouveau, du sang neuf qui irait presque jusqu’à nous réconcilier avec le clubbing. Le jeune allemand d’à peine 20 ans vient de sortir Times, son premier album sous le label Diynamic. 14 pistes et près d’une heure d’électro limpide qui sont très certainement passées beaucoup trop inaperçues dans les chaumières.

Macéré dans la musique classique depuis l’âge de 5 ans, le petit David a vraisemblablement su se former une oreille musicale bien plus fine et exigeante que beaucoup de ses confrères. C’est un travail de passionné, d’obstiné qu’il nous propose ici. Il y a mis tout son cœur, et quand c’est fait avec autant d’amour, c’est mal poli de refuser.

Étant initialement plutôt récalcitrant à l’idée de m’y plonger, c’est de patience que je me suis armé pour voir de quoi il en retournait. Une patience bien indispensable pour un esprit obtus, mais une patience qui a payé.

Trêve de blablatages, je vous le donne en mille : c’est ce morceaux, « Watch Your Step », qui m’aura définitivement convaincu de la démarche.

Autant vous dire que placé en douzième position de la tracklist, ce n’est plus de la patience mais de l’acharnement qu’il aura fallu pour en arriver là. Mais quelle récompense de se voir vriller les tympans d’un travail aussi audacieux que millimétré. Un savant mélange des genres qui nous fait adorer la répétitivité. Avec sa trame de guitare acoustique appuyée de basses vrombissantes, David August est à la frontière expérimentale de la Dance Music, le penchant « intelligent » du genre. De l’Intelligent Dance Music (IDM) en somme ? Pourtant non. Mais entre nous, vous avez toujours l’impression d’écouter de la vulgaire house ?

C’est bête à dire, mais une fois que l’on a mis le doigt dans l’engrenage et que l’on comprend que l’on a effectivement à faire à un artiste qui repousse les limites des genres en se dédouanant des clichés superflus, on se laisse plus facilement convaincre par le reste de l’album. Tout en étant un brin moins expérimental, « Blossom » trouve toute mon attention par un tout autre mélange des genres que semble apprécier David August. Ce sont ici ces longues années de piano classique qui prennent le relai pour sublimer une trame électronique soigneusement orchestrée. L’interlude à 2:36 est tout simplement parfaite.

Alors je ne vais pas vous mentir, Times n’acquiert pas non plus ma totale gratitude, et l’on y trouve bien quelques pistes bien moins intéressantes que je prends régulièrement soin de sauter lorsque je ne suis pas d’humeur. C’est notamment le cas de « Until We Shine » (en collaboration avec Yvy), ou encore « Help Me Through », malencontreusement placée en pole position de l’album.

Pour parfaire l’écoute de cette pépite, je vous conseille néanmoins de vous pencher sur quelques autres pistes qui auront su détourner mon oreille moyenne, toujours à la recherche de quoi mettre d’accord mes osselets : le saxophone de « Phenomena », le hautbois de « Hommage » (en duo avec Wanja), ou – dans un style un peu plus puriste – la très efficace « Forgive Me If I Bleed » sont pour moi autant d’occasions de laisser mon nerf auditif se faire convaincre. Évidemment les plus curieux (ou les plus courageux ?) n’auront tout simplement qu’à écouter l’album dans son intégralité, cela va de soit.

Alors non je n’aime toujours pas la deep house. Mais ça, oui, j’aime bien. J’aime beaucoup même. En un sens David August aura au moins réussi à mettre tout le monde d’accord, à réconcilier les amateurs de house avec les autres. Ou si ce n’est tous les autres au moins une partie, et ça c’est assez fort pour être soulevé. J’ai personnellement réussi à faire danser mon colocataire amateur de blues sur « Watch Your Step », et je dois bien avouer que j’en suis assez fier.
Et si vraiment vous n’en avez pas eu assez, notez que David August sera en concert à Paris le 1er juin prochain pour la modique somme de 13,80€, accompagné de H.O.S.H. et Uner. Miam.

Plus d’infos sur David August –> Facebook / Diynamic / Soundcloud / Resident Advisor.
(y’a bien aussi un Myspace, mais autant vous dire qu’il ne vous servira pas à grand chose).

Adrien

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