Current Value – 100% pur jus

Stay on this planetTim Eliot, ou Current Value, n’est pas un petit jeunot fraîchement sorti des rues crades et mornes d’une capitale régionale d’Europe de l’Ouest. Avec 7 albums solo à son actif et pléthore de remixes et collaborations, le gars est largement plébiscité comme une des grosses pontes de la Drum’n’Bass. Sa collaboration la plus notable est la monstruosité Machine Code, avec le non moins délicieux Dean Rodell, créateur et prophète en chef de Subdivision, chimère regroupant les labels Subsistenz, Subtrakt & Subviolenz et la salle Subland, à Berlin (ou se déroule le désormais légendaire Burn the Machine – prenez vos places en avance). Bref, on est ici au coeur de la scène drum’n’bass et autre musique lourde de dancefloor.

Loin de la saleté et de la noirceur de Machine Code, Stay on this planet est un album parfaitement calibré, dans sa forme et dans son fond. 12 pistes, toutes entre 5 et 6 minutes, parfaitement structurées, aussi répétitives que la Drum’n’Bass se doit d’être, c’est à dire juste assez pour bien marteler le kick dans nos cortex ouverts, histoire de les ancrer bien profond. Histoire qu’on y pense dès le lendemain matin au réveil. A ce titre, Current Value nous sert un disque d’un grand classicisme, voire d’un certain conservatisme de forme. Stay on this planet est un disque de drum’n’bass 100% pur jus, qui contient donc tout ce qui me plaira d’y trouver, et tout ce qui me rebute profondément.

Du côté de ce qui me plait, on trouvera un drumwork léché et bien sec comme il faut. Pas pédant, pas révolutionnaire, pas désagréable, juste bien, comme il faut. Redoutablement efficace et tranchant. Comme on l’attend, quoi. L’innovation viendra rarement de ce côté-là, mais l’accouplement avec les basses se fait tout naturellement, l’expérience parle. Tim Eliot a roulé sa bosse et connaît son job sur le bout des doigts. Les basses et autres wobbles sont probablement ce que j’ai le plus cherché dans cet album. Encore une fois, rien de bien exceptionnel, mais la puissance est là, et des fois on se surprend à se rendre compte qu’elles sortent un peu du carcan surrané de la D&B.

Current Value gagne mon adhésion totale lors des morceaux les plus sombres, ceux qui sont totalement dépourvus d’enrobages, de clochettes numériques, de voix machinées ou d’intros légères (comme celle du titre éponyme). Je n’ai jamais compris ni apprécié la propension des producteurs de Drum à mélanger des gros kicks bien vénères et des basses bien grasses avec des enrobages aussi légers et aussi futiles. Personnellement, la Drum, elle me prend quand elle ressemble à The Arrival ou à Get On (sans l’intro). Attention, (rares) lecteurs, ceci est hautement subjectif, et je persiste à dire que Stay on this planet est un bon album de Drum’n’Bass. Par la maîtrise de son contenu, par le dosage parfait, par sa recette certes éculée mais dont Current Value arrive encore à en tirer le meilleur. Chacun y trouvera son petit bonheur, les miens s’appellent Cyclop, Weirdo, Equivalence. Je vais essayer d’oublier au plus vite le morceau éponyme, Stay on this planet, ainsi que la recette trop facile et presque beauf de Ghost Rider. Et revenir plus souvent sur le dernier track, Command, probablement celui qui s’éloigne le plus du carcan. Dommage qu’il n’ait pas une place plus centrale.

Amateurs de Drum’n’Bass de dancefloor : ruez-vous sans retenue sur le dernier Current Value. C’est un album sec, léché, parfaitement maîtrisé, peu innovant mais rassurant. Amateurs de D&B déviante, plus amère, et moins standarde, dirigez-vous plutôt vers le côté sombre de Current Value, Machine Code.

Stay on this planet, de Current Value, sortie le 2 septembre chez Subsistenz.

Ehoarn

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