R.roo, mélancolie glitch

Il est ardu de qualifier Mgnovenie, dernier disque de l’Ukrainien R.roo, connu à l’état civil sous le doux nom d’Andriy Symonovych. Car c’est un album éclaté, inégal, dont on ne sait pas très bien quoi penser. Certains morceaux sont tous simplement géniaux quand d’autres, en comparaison, paraissent finalement plats.

Ainsi, «Vdokh», douce ouverture au piano, n’est pas convaincante. On saisit bien l’idée, mais dans le genre piano planant, on a déjà entendu mieux, beaucoup mieux. Mais sitôt ces deux minutes trente écoulées, c’est dans un autre univers que l’Ukrainien nous précipite avec «Medlenno». On garde la lenteur, on y ajoute la langueur. Un souffle de vent qui crépite, des basses, et cette fois, les cordes du piano qui vibrent juste comme il faut, quand il faut, rattrapées ensuite par d’autres, frottées celle-là.  Puis les basses s’endurcissent, s’engraissent. Le rythme s’accélère. Couche après couche, le morceau se construit, de plus en plus glitch, et on se rappelle pourquoi on voulait absolument entendre ce disque.

Grain de sable

L’album continue ainsi, mêlant glitch, piano et cordes frottées (d’ici, on dirait du violoncelle), quelques voix pafois. Par moment, la douce langueur des premières minutes devient une mélancolie radicalement plus sombre, plus torturée, comme dans «Oktrovenie». Même dans les morceaux au glitch le plus épuré  – «Otstuplenie» , «Hello my Reflection» –, le piano revient, encore et toujours, ajoutant le grain de sable qui fait la richesse de cette musique.

Mais c’est pourtant quand le piano prend trop de place et s’affirme par une véritable mélodie, plus que par quelques notes ou accords en contrepoint qu’Andriy devient moins intéressant. Parce que ces mélodies sont finalement trop sommaires, sans réels reliefs («From You»). Sans parler de «Don’t talk about it», intrus qui a rappelé la musique de Mario à ma coloc qui n’écoutait que d’une oreille. S’il n’est pas mauvais en soi, on se demande pourtant ce qu’il fait exactement là. Heureusement, l’album se termine sur un joli «Vydokh», écho à l’intro, mais nettement plus fin, qui nous réconcilie avec les mélodies pianistiques de l’Ukrainien.

Colin

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