Habemus labelam : Voxxov Records

Faith In A Wet Season - FrontIl est des évènements qui sont assez rares dans la sphère drone-ambient française pour être soulignés. La naissance d’un label en fait partie, même s’il s’agit toujours d’un pari, d’un décollage d’avion en carton et en bois qui menace de se viander au premier coup de vent. Bon, ok, cette naissance date un peu, mais il n’est plus un secret pour personne que Tartine de Contrebasse est aussi lent qu’un vieux western (on a même pas encore parlé de la dernière régurgitation d’Igorrr, c’est dire si on peut même plus prétendre être professionnels). Et puis bon, il n’est jamais trop tard pour découvrir les belles choses.

Voxxov Records, donc, « né de l’esprit de Mourad Kachroud et de Vinnie Blandin-Canonne à l’automne 2011 », n’est pour l’instant qu’une belle page ouèbe agrémentée de deux compilations, et c’est bien de cela dont il s’agit ici.

Car pour nous allécher, Voxxov a su réunir dans deux volumes, et avec brio, les artistes confirmés de la scène drone-ambient et IDM / Electronica dont le chaland se délèctera sans modération et sans honte, mais aussi les noms (et là ça devient intéressant) qui s’inscriront peut-être comme référence dans le domaine. Pari réussi ou non, l’histoire ne le dit pas (encore) et c’est dans la durée que la vision de l’électro-acoustique ambientesque IDMeux – disons la vision de la musique, ce sera plus simple – de Voxxov Records s’affirmera (ou pas). Pour l’instant, chères brebis assoiffées, l’heure est à la profusion.

D’abord, les nappes

Si ma préférence va certainement à Fall is a house of gold and rain, la partie IDM / Electronica de ce duo, on ne peut que s’incliner à l’écoute de Faith in a wet season (Drone / Ambient) devant la puissance des maîtres ambianceurs de Strïe qui sauront vous translater imperceptiblement dans leurs nappes inconfortables et inquiétantes, à la petite merverille Mu-esque et muant de Nebulo, aux deux facettes opposées des Continuum respectifs de Damian Valles et de Field Rotation, l’un froid et oppressant, le deuxième chaud et rassurant. L’esprit curieux se laissera prendre aux jeux impertinents des cordes pincées de Quinn Walker. Personnellement, alors que Spheruleus me laisse de marbre, le crescendo sublime, la profondeur et l’amplitude de Teho Teardo cristallisent les émotions. Les connaisseurs garderont une oreille attentive sur Hakobune… Enfin, impossible de quitter cette compilation sans un mot pour William Ryan Fritch alias Vieo Abiungo, auteur du sublime Thunder may have ruined the moment avec Pete Monroe, l’année dernière, sur Lost Tribe Sound, label américain dont on vous reparlera (même si c’est dans 8 mois). Ne serait-ce que parce que M. Fritch vient d’y sortir son dernier opus The Waiting Room OST et que ça envoie de la corde dans nos oreilles nourries / pourries au breakcore et que force est d’avouer que… ça fait du bien. Aussi. De temps en temps. Mais je m’égare, tout ce que je voulais dire était que The Threshing Floor est la conclusion parfaite pour cet opus tout en inconfort et en nappes brumeuses dans ta tête, simplement parce qu’il viendra te délivrer avec sa légèreté et sa simplicité qui force l’optimisme. Attention, j’ai pas dit que Fritch c’était Oui-Oui non plus, hein.

Ensuite, les glitchs

Côté IDM / Electronica, ça commence avec un Access To Arasaka qui aurait pu être une intro parfaite pour l’autre opus. C’est assez loin de ce qu’on a l’habitude d’entendre du gars, mais du coup, c’est aussi fortement plaisant. A côté des pointures r.roo, Normotone, Infinite Scale, Frank Riggio, Tapage, Melorman (tout d’même) dont les groupies que nous sommes nous abreuverons sans discontinuer jusqu’à écoeurement et indigestion, j’ai quand même pointé l’oreille sur les beats de Fedaden, je suis allé faire une pause-pipi pendant Pleq et Liv (j’avoue), j’ai subi plus qu’écouté Yvat sans réussir à déterminer si ça me plaisait ou pas (jvous dirai la prochaine fois), je me suis pas vraiment rendu compte qu’il y avait un morceau d’Atmogat, Esoteric Sob m’a fait penser à du Saycet sans glitch, mais surtout, SURTOUT : j’ai réécouté 12 fois le Trdlx (ça se prononce comme ça s’éternue) même si j’ai eu peur au début d’avoir affaire à énième artiste Autechrien et autiste faussaire. La boucle de ce Felaròff est addictive. Attention. Et enfin, et probablement le plus important : Jihad Blues de Kesson est une tuerie sans nom (sans mauvais jeu de mot) qui se passerait de mots, ou en tout cas de superlatifs débiles dans le genre de celui que je viens de vous fournir. Ecoutez-le, point barre.

Le tout est masterisé par Frank Riggio (siouplaît) et toujours en téléchargement libre ici.

Evidemment, une compil’ ne fait pas un label, et l’avenir nous dira si Voxxov Records tient la route. En attendant, la bande-annonce fait saliver. Si Voxxov annonce la couleur (« Définitivement indépendant, VoxxoV privilégiera les sorties physiques limitées en exemplaires, dans des packagings originaux et de qualité »), on espère qu’ils sont adeptes de l’adage « le qualitatif plutôt que le quantitatif ».

Ehoarn

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