Yair Elazar Glotman : Alchimie du son

yair-elazar-glotman

Ses multiples facettes musicales lui ont ouvert les portes de crèmeries aussi recommandables que Where To Now ?, Portals Editions, Opal Tapes ou Subtext, et lui ont valu une solide réputation quasi-unanime parmi les explorateurs de musiques tangentes que vous êtes et que nous sommes. On s’est donc dit qu’à l’occasion de la sortie de Blessed Initiative, on allait essayer d’en savoir plus sur la magie électronique pratiquée par Yair Elazar Glotman (même si on a quatre mois de retard, mais faites comme si vous n’aviez rien vu) et sa faculté de créer des univers sonores à partir de plein de petits riens qui s’annihilent systématiquement dans un grand tout.


Bonjour Yair. Comment vas-tu ?

Très bien. Content de conclure 2016 qui fut une année intense tant au niveau personnel que global. Et impatient de dévoiler ce qui est en construction pour l’année prochaine…

Tout d’abord, qui est Yair Elazar Glotman ?

Je suis un compositeur et un artiste sonore installé à Berlin. J’ai fait de la musique toute ma vie donc je me sens à l’aise en disant que c’est ce qui me définit. Cependant, j’évolue et change toujours ce sur quoi je travaille, c’est pourquoi j’essaye d’épouser les changements et de ne pas trop cerner qui je suis…

Peux-tu nous raconter ton parcours jusqu’à tes premières sorties solo ?

J’étais concentré jusque là sur des représentations avec des ensembles et des orchestres jazz, classique ou autres, jouant de la contrebasse et de la guitare basse. Autour de mes premières sorties, je me suis intéressé au travail hors du rôle d’un instrument, afin de créer des univers sonores complets et mes propres compositions. La musique électroacoustique était un moyen pour moi d’atteindre cela. Maintenant, je m’éloigne de cet état d’esprit et abandonne une partie du contrôle en faveur de collaborations fertiles.

Est-ce ça veut aussi dire que tu t’es éloigné de l’improvisation, souvent retrouvée dans lesdits ensembles où tu as joué, en faveur du contrôle permis par la musique électronique ?

À vrai dire, je suis en train de travailler sur un projet qui adopte totalement la musique improvisée comme matériel de base. C’est essentiellement composé de séries d’improvisations que j’ai réalisées avec deux autres musiciens, et de la construction d’une composition à partir de ces matériels, c’est donc important dans ma musique d’être capable d’explorer cela et de l’utiliser de différentes manières aussi, pas nécessairement dans le contexte jazz / orchestre.

Sous ton vrai nom, tu as d’abord donné naissance de manière assez discrète à Northern Gulfs. Pourrais-tu nous raconter l’histoire de cet album ?

Cet album a été construit sur une période d’environ six mois, et c’était ma porte d’entrée dans la musique électroacoustique. Il est très direct, franc et contient du matériel sentimental, ce qui est différent de mes travaux actuels. Je peux toujours l’écouter et y identifier mes intentions, il symbolise un moment particulier pour moi, même si je m’en suis bien éloigné depuis.

Et qu’est-ce qui a équilibré ou remplacé ces « matériels sentimentaux » après Northern Gulfs ? Les as-tu complètement écartés de ton processus artistique pour te concentrer sur des concepts concrets, ou les as-tu camouflés plus loin derrière le son ?

C’est une question difficile, parce que les émotions liées à la musique peuvent être très abstraites. D’une certaine manière, je trouve cet album brut et naïf ; je peux encore m’attacher à Northern Gulfs mais je ne suis pas certain que je serais capable de réaliser quelque chose d’aussi direct aujourd’hui. Les émotions sont une chose dynamique et je ressens toujours un projet d’une manière qui peut progressivement changer quand je m’y implique. Je peux encore me relier à certains sentiments abstraits qui étaient intéressants pour moi quand je développais certains projets, mais éventuellement, quand je fais des trucs qui ont un côté plus « conceptuel », il est important que le résultat puisse exister comme une pièce musicale qui pourrait fonctionner pour les gens qui ne connaissent même pas le processus artistique en arrière-plan, ou n’en ont pas forcément quelque chose à faire. Ça marche sur deux niveaux différents.

Tu t’es ensuite rapproché de James Ginzburg, et donc de Subtext, avec Nimbes ; on le connaît surtout pour ses travaux avec Emptyset, et on ne peut pas dire que le rapport entre la musique que James (et Paul Purgas) et toi produisez soit des plus évidents… Qu’est-ce qui vous a mené à collaborer ?

La relation avec James a débuté quand il m’a parlé de Nimbes, où j’ai joué de la contrebasse. Il m’a demandé si je voulais en être, et j’ai simplement répondu oui. De là nous sommes devenus amis, et il a soutenu mon travail tout du long. Bien que nos styles soient très différents, on partage réellement certains éléments dans notre manière d’approcher et de penser la musique et le son. Je peux être influencé de manière équivalente par les idées et l’approche d’une personne que par sa pratique musicale.

Et de ton point de vue, quels seraient ces traits communs, artistiques ou purement musicaux, que tu partages avec James ?

Je pense personnellement qu’on peut être assez analytiques sur la musique que l’on fait. Son expérience provient de beaucoup de directions différentes qui sont fructueuses pour être capable de travailler dans différents contextes.

Et le contexte de Nimbes, était-il aussi lié à la spontanéité dans le Kraftwerk de Berlin, tout comme ton implication naturelle au projet ?

Oui, c’est basé sur l’enregistrement de longues sessions d’improvisation, et la plupart du phrasé et de la narration capture vraiment ce moment où j’y ai joué.

On en vient à Études, qui ne pouvait de toute évidence pas échapper à une question de la part d’un webzine qui s’appelle Tartine de Contrebasse. C’est loin de ce qu’on aurait pu attendre d’un album centré sur la contrebasse… Quelles étaient ici tes intentions ?

Mon but avec ce projet était de revenir à l’instrument que j’ai négligé tout le temps où je développais mes matériels électroacoustiques. Pour ce projet, j’ai essayé de jouer de la contrebasse sans tomber dans les schémas et l’entraînement que j’ai eus. J’ai tenté de me reconditionner d’une manière autorisant les erreurs, la perte de contrôle et les surprises qui en émergent. Le concept d’Études était d’explorer les sonorités cachées de l’instrument. Jouer hors de sa gamme dynamique naturelle, que ce soit extrêmement silencieux ou bruyant et plus énergétique que l’instrument ne le pourrait. Même quand tu joues aussi silencieusement que possible, le but d’un instrument acoustique est d’être entendu dans une pièce – dès lors que tu utilises d’autres méthodes d’enregistrement, tu peux capturer des sons qui sont produits mais qui ne résonnent pas dans un espace. Avec toutes les possibilités offertes par l’enregistrement, j’ai pu explorer ce qui se passe sous cette frontière.

Au-delà d’Études, est-il toujours important pour toi de repousser ce genre de frontière dans ton processus de travail, d’explorer plus loin que l’évidence ? D’après toi, est-ce que tout artiste devrait penser au moins un peu comme ça ?

Je ne peux que parler pour moi, mais ça vient d’un esprit sincère vu que je n’essaye pas de forcer le changement. Je vois mon procédé et ma pratique musicale comme une chose dynamique qui évolue tout le temps, tout comme mes intérêts. Bien que je puisse réaliser des travaux qui semblent très différents les uns des autres en surface, chaque chose se projette plus ou moins sur les autres. J’ai appris beaucoup de mon album sur la contrebasse et ça peut se refléter sur la musique électronique, et pas forcément d’une manière évidente ; tu peux également aller très loin dans un domaine. Mais comme je le vois, c’est important de se mettre au défi.

Concernant KETEV, l’évolution dans tes productions est palpable. Comment l’expliques-tu ?

Le projet KETEV a un cadre esthétique très clair, dont j’ai poursuivi l’investigation dans les différents albums. Je vois toutes ces sorties comme une progression linéaire, il y a un certain mouvement et une évolution en effet, comme tu dis. De mon point de vue, le dernier album I Know No Weekend complète ce mouvement pour l’instant, et j’investis en ce moment mon énergie dans de nouveaux projets.

Est-ce que ça sonne comme une pause ou un virage à 180° pour KETEV ?

Jusque là, j’ai réalisé tout ce que je voulais à travers l’exploration de ce projet, et il serait forcé d’en tirer quelque chose de plus pour le moment, donc je le mets de côté. À moins que je ne trouve quelque chose qui m’intrigue pour y retourner, aujourd’hui, je sens que j’ai fini de faire le tour de ce qui m’intéressait dans KETEV.

Cela m’emmène à parler de ton nouveau projet Blessed Initiative, initié avec un album du même nom chez Subtext. Quelles sont les spécificités de Blessed Initiative qui l’empêchent de produire sous KETEV ou Yair Elazar Glotman ?

La raison pour laquelle j’ai débuté un nouveau projet pour Blessed Initiative était mon souhait d’avoir un projet singulier, qui serait limité à ce seul album et traiterait de quelques idées et questions spécifiques. Il était plus sensé de le voir comme une anecdote plutôt que de le connecter aux narrations des projets existants. Je le vois comme le nom de ce projet spécifique et pas comme un nouvel alias, vu qu’il ne sera certainement pas poursuivi. J’aime explorer divers travaux sans les lier trop directement les uns aux autres, même si je me rends compte que ça peut-être perturbant pour le public.

Quoi de prévu dans un avenir proche, tout alias confondus ? Une p’tite exclu pour Tartine de Contrebasse peut-être ?

Je suis en train de développer quelques collaborations et envisage plus de projets acoustiques et d’installations sonores en 2017, et j’ai travaillé sur une exploration plus en profondeur d’Études en collaboration avec d’autres musiciens et instruments. J’ai également fait un album avec le compositeur suédois Mats Erlandsson, qui sortira l’année prochaine.

Une de ces collaborations étant le voyage spatial Epoch avec Ben Lukas Boysen.

J’étais curieux de travailler avec Ben, et ce fut une très agréable expérience. Je ne savais pas grand-chose du projet au départ, mais ce fut pour moi un point intéressant de juste commencer à travailler avec lui.

J’ai ressenti des inspirations distantes d’Études, et ça m’a aussi rappelé le morceau Blind Blackening par Roly Porter, de Third Law. Je crois avoir lu que Ben Lukas Boysen t’as en fait demandé de collaborer avec lui sur Epoch ?

Oui, il m’a approché après avoir entendu Études, il y a donc évidemment des choses qui y ressemblent ici aussi.

Est-ce que Epoch est un autre moyen de montrer ce besoin d’aller plus loin dans tes explorations soniques ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce projet ?

Je suis très curieux de travailler dans différents media et de composer pour des images. Quand je joue ma propre musique en live, je ne joue habituellement pas avec les visuels et pour moi, écrire de la musique spécialement pour des visuels est quelque chose de différent. Je serais très intéressé de composer pour des films ou ce genre de chose.

Avant de conclure cette interview, commençons une série de questions courtes : ton album favori de 2016 ?

Je choisirais certainement un des deux albums de Mats Erlandsson sur Posh Isolation : Selective Miracles et Valentina Tereshkova. Mais c’est une question difficile, il y a eu beaucoup de bons albums en 2016.

Et ton album le plus important de tous les temps ?

Une question encore plus difficile ! Je dirais L.A. Woman de The Doors, juste parce que quand j’avais cinq ou six ans, c’est la cassette que j’ai trouvée qui m’a plongé dans la musique.

Études et la contrebasse, ok. Et l’octobasse alors ?

Je ne sais pas, il y en a seulement trois ou quatre dans le monde non ?

Je crois qu’il y a trois exemplaires fonctionnels dans des musées oui. Tu penses que tu pourrais en faire quelque chose ?

Si je vais à Vienne, certainement ! Mais c’est plus spectaculaire que pratique.

Sur une échelle de 1 à 10, quelle crédibilité donneras-tu à un webzine qui s’appelle Tartine de Contrebasse ?

Je lui donnerai tout mon respect, donc 11.

Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps Yair, et à très bientôt !

Dotflac, Adrien et Ehoarn



ENGLISH VERSION | Yair Elazar Glotman : Sound alchemy

yair-elazar-glotman

His multiple musical facets opened him the doors of houses as commendable as Where To Now ?, Portals Editions, Opal Tapes or Subtext, and credited him of a solid reputation almost unanimous amongst the explorers of tangent music that you and we are. So we thought that the release of Blessed Initiative was the occasion to try to learn more about the electronic magic known by Yair Elazar Glotman (even though we are four months late, but act as you didn’t see anything), and his ability to mold sonic universes from lots of small things systematically annihilating into a huge whole.


Hello Yair. How are you ?

Very good. Happy to wrap up 2016, which was an intense year on both a personal and global level. Looking forward for what’s in the works for next year…

First of all, who is Yair Elazar Glotman ?

I’m a composer and sound artist based in Berlin. I’ve been making music my whole life so I feel comfortable saying that’s what defines me. However, I’m always evolving and changing what I’m working on, so I try to embrace the changes and not pin down who I am too tightly…

Can you tell us your path until your first solo releases ?

Up until then I was focused on performing with ensembles and orchestras, in jazz, classical and other contexts, playing contrabass and bass guitar. Around the time of my first releases I became interested in working outside the role of one instrument, in order to create complete sound worlds and my own compositions. Electroacoustic music was a way for me to achieve that. Nowadays I am actually stepping away from that mindset and giving up some of the control in favor of fruitful collaborations.

Does it also mean that you stepped away from improvisation, often found in the said ensembles you played in, in the favor of the control allowed by electronic music ?

I’m actually working on a project which totally embraces improvised music as a source material. It’s basically comprised of improvisation series I did with two other musicians, and the building of a composition from those materials, so it’s important in my music to be able to explore that and use it in different ways as well, not necessarily in the jazz / orchestra context.

Under your real name, you initially gave birth to the pretty discreet Northern Gulfs. Could you tell us the story of this album ?

This album was made over the course of about six months, and it was my entering point into electroacoustic music. It is very direct and straightforward, and it has some sentimental materials in it, which is different from the work I do now. I can still listen to it and identify my intentions there, it symbolizes a certain moment for me, although I have moved far away since then.

So what balanced or replaced the « sentimental materials » after Northern Gulfs ? Did you completely dismiss them from your artistic process to focus on concrete concepts, or did you conceal them further behind the sound ?

It’s a hard question, because emotions related to music can be very abstract. I feel that this album was very raw and naive somehow ; I still could relate to Northern Gulfs but I’m not sure I’d be able to achieve again something that direct nowadays. Feelings are a dynamic thing and I always feel a project in a way that could gradually change as I get in. I can still connect to certain abstract emotions that were interesting for me when I was developing some projects, but eventually, when I do stuffs that have a more « conceptual » side to it, it’s important that the result can stand by itself as a music piece which could still work for people who don’t even know the artistic process behind it, or not necessarily care about it. It’s working on two different levels.

Then you got closer to James Ginzburg, and so to Subtext, with Nimbes ; we mostly know him for his works with Emptyset, and we can not say the relationships between the music that James’ (and Paul Purgas’) and you produce is obvious… What led you to collaborate ?

The connection with James started when he told me about the Nimbes project, which I played contrabass on. He asked if I would like to be in, and I simply said yes. From there we became friends and he’s been supportive of my work all along. Even though our styles are very different, there are definitely elements of how we approach and think about music and sound that we share. I could be equally influenced by a person’s thought and approach as by their musical practice.

And from your point of view, what would be these common traits, artistic or purely musical, that you share with James ?

I personally think that we can be pretty analytic about the music we do. His background is coming from a lot of different directions that are fruitful to be able to work in different contexts.

And the context of Nimbes, was it also about spontaneity in Berlin’s Kraftwerk, just like your natural implication to the project ?

Yes, it’s based on recordings of long improvisation sessions, and most of the phrasing and narration really captured that moment where I played there.

We come to Études, that could clearly not avoid a question from a webzine named Double Bass Toast. It’s far from what we could have expected from an album focused on the double bass… What were your intentions here ?

My goal with this project was to get back to the instrument I had basically neglected the whole time I was developing my electroacoustic materials. For this project, I was trying to play the double bass without falling into the patterns and training I had received. I tried to re-train myself on the instrument in ways that allow for mistakes, for losing control, and for being surprised by it. The concept of Études was to investigate the hidden sounds of the instrument. Playing outside of its natural dynamic range, either extremely quietly or louder and more energetic than the instrument could. Even when you play as quietly as possible, an acoustic instrument’s goal is to be heard in a room – once you use other recording devices, you can catch sounds that are being produced but not resonating in a space. With all the possibilities offered by recording, I could investigate what’s actually happening beneath this boundary.

Beyond Études, is it always important for you to push this kind of boundary in your working process, to explore further than the obvious ? In your opinion, should every artist think at least a bit like that ?

I can only speak for myself, but it comes from a sincere play since I don’t try to force changing. I feel like my process and my musical practice are a dynamic thing that always evolve, as are my interests. Even though I could do some works on the surface that seem very different from each other, each thing kinda projects on the others. I learned a lot from doing the contrabass album and that can reflect on the electronic music, and not necessarily in an obvious way ; you can also go very deep in one field as well. But as I see it, it’s important to challenge yourself.

Concerning KETEV, the evolution between your productions is palpable. How do you explain that ?

The KETEV project has a very clear aesthetic framework, which I kept on exploring in the different albums. I see all of the releases as a linear progression, it has a certain movement and indeed evolution, as you say. The way I see it, the last album I Know No Weekend completes that movement for now, and I’m putting my energy into new projects at the moment.

Does that sound like a break or an upcoming U-turn for KETEV ?

So far, I achieved as much as I wanted through the investigation of this project, and at the moment it would feel forced to squeeze something more out from it, so I put it aside for now. Unless I find something that intrigues me to go back to it, today, I feel like I finished exploring what interested me in KETEV.

This leads me to talk about your new project Blessed Initiative, initiated with a self-titled album on Subtext. What are the distinctive features of Blessed Initiative that prevent him to produce under KETEV or Yair Elazar Glotman ?

The reason I started a new project for Blessed Initiative was my wish to have a singular project, which would be limited to this one album and dealt with a few specific ideas and questions. It made more sense to have it as an anecdote rather than connecting it to the narratives of the existing names. I see it as the name of this specific project and not a new moniker, since it’ll most likely not be continued. I like to explore various projects without tying it too directly to one another, even though I realize this might be confusing to the audience.

What is scheduled for any of your alias in a close future ? A lil’ scoop for Tartine de Contrebasse maybe ?

I’m currently working on a few collaborations and looking forward to more acoustic projects and sound installations in 2017, and I’ve been working on a further exploration of the Études project in collaboration with other musicians and instruments. I’ve also made an album with the Swedish composer Mats Erlandsson, which will be released next year.

One of these collaborations being the space travel Epoch with Ben Lukas Boysen.

I was curious to work with Ben, and that was a really nice experience. I didn’t know much about the project in the beginning, but it was an interesting point for me to just start working with him.

I sensed distant Études inspirations, and it also reminded me the track Blind Blackening by Roly Porter, from Third Law. I think I read that Ben Lukas Boysen actually asked you to collaborate with him on Epoch ?

Yes, he approached me after hearing the Études album, so obviously I had some things that resembled there as well.

Is Epoch an other way to show a need to go further in your sonic explorations ? What did seduce you in this project ?

I’m very intrigued by working in different media and composing for images. When I’m playing my own music live, I usually don’t play with the visuals and for me, writting music especially for visuals is something different. I would be very interested to score movies or stuffs like that.

Before concluding this interview, let’s start a series of short questions : your favourite album from 2016 ?

I would certainly choose one of the two albums by Mats Erlanddson on Posh Isolation : Selective Miracles and Valentina Tereshkova. But it’s a hard question, there were many good albums in 2016.

And your all-time most important album ?

Even a harder question ! I could say L.A. Woman by The Doors, just because when I was like 5 or 6 years old, that’s the cassette I found that got me into music.

Études and the double bass, ok. What about the octobass ?

I don’t know, there are only like three or four in the world, no ?

I believe there are three working pieces in museums yes. Do you think you could do something with it ?

If I get in Vienna, for sure ! But it’s more spectacular than practical.

On a scale from 1 to 10, what credibility will you give to a webzine called Double Bass Toast ?

I will give all my respect, so 11.

Thank you for your time Yair, and see you soon !

Dotflac, Adrien and Ehoarn

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :