Truc obsessionnel compulsif

Il faut croire que Circum-disc est un label qui a décidé de nous prouver que le jazz pouvait toujours retourner des cerveaux au XXIe siècle. Je vous avais déjà parlé d’une de leur production il y a quelques temps : l’obsédant Inoxydable d’Happy House. Autres musiciens, mais même esprit avec ce You can dance (if you want), du trio TOC. Sous ce titre d’apparence plus gentille, Jérémy Ternoy (Fender Rhodes), Peter Orins (percus) et Ivann Cruz (guitare) -T+O+C, donc-  cachent pourtant un album encore plus radical, qui ferait (presque) passer les gars d’Happy House pour des gentils hard-bopers.
Leur jazz est électrique, lancinant, hypnotique. Épuisant aussi. Ils ne sont que trois, mais leur musique est pleine, envahissante. N’essayez pas de la mettre en musique de fond, dès le moment où vous la lancerez, elle sera partout. Avec eux, pas de répit, pas de faux-semblant. Dès le premier morceau, le ton est donné. Ça s’appelle « Obsessive Compulsive Disorder » et ce n’est pas pour rien. Une ligne de basse qui vous martèle le tympan, doublée rapidement d’une guitare tout aussi implacable. Une mélodie ? Pourquoi faire ? Cette musique est physique. Ce n’est pas à votre conscience qu’elle s’adresse, mais à vos nerfs.

Désordre magistral

Après, ces longues minutes de désordre magistral, le trio accepte généreusement de vous laisser vous détendre. « Downward Trend of Increase » oublie la basse. Une note de guitare pour commencer et la batterie qui roule, délicatement. Puis ça grouille, le clavier comme la guitare. C’est doux, mais toujours aussi plein. Un semblant de mélodie se dessine, brouillonne, imperceptible. Comme pour parler à l’inconscient, encore, plutôt qu’à la conscience.
Le disque continue comme ça pendant une heure entre des compositions éreintantes et d’autres (faussement) relaxante. Très construite, cette musique semble pourtant instinctive, animale. Opressante aussi,  comme sur « Iron to the Buzz Top », morceau usant qui semble nous projeter dans un hangar désaffecté où des machines folles continueraient seule leur cours dément. A un moment, les trois jazzeux sont quand même gentils. Avec « French Though », ils nous offrent un morceau qu’on a l’impression de comprendre, avec un thème et tout. Enfin, ça reste malgré tout bien grinçant et lancinant comme on aime. Et sur ce morceau comme sur les sept autres, ce n’est pas possible, you can’t dance, que vous le vouliez ou non.

Colin

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Un commentaire

  1. J’ai vu ce groupe plusieurs fois sur scène, un des meilleurs lives de la métropole lilloise.
    En concert, je crois que tout est improvisé, je me demande si ce n’est pas aussi le cas sur ce disque. Certaines intros ou outros peuvent le faire penser aussi.
    Peu importe, l’album est bon !

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