Enduser : « Il n’y a pas d’intentions, ça sort simplement »

Fin septembre, Ad Noiseam a chargé le Batofar, et Tartine a suivi le mouvement. De cette nuit de folie nous retiendrons beaucoup de choses, et surtout plus d’une heure de sons correspondant à 4 interviews à traiter. Comme nous sommes des feignasses incorrigibles, on a laissé ça traîner dans un coin. Pour entamer cette série d’interviews, voici les quelques questions que nous avons posées à Enduser, entre le bar et le stand Ad Noiseam. Malgré l’immenserie de notre incultance, le monsieur a accepté de nous répondre. Voici, en anglais dans le texte et en français, les réponses brutes et sans far. Garanti sans OGM.

Last September, Ad Noiseam invaded Paris and the Batofar, and we had the luck to be embedded in the operation. From this crazy insane freaking night, we kept a lot of good things, including more than an hour of sound material belonging to 4 interviews that we’ve been too lazy to transcript so far. To start this series of interviews, here are the questions we had for Enduser. Scroll down for the english version. Garanteed totally GMO-free.

Salut à toi, bienvenue à Paris. Es-tu déjà venu ici ?

Oui, j’ai joué dans une soirée, il y a quelques années, mais c’est la première fois sur le bateau.

As-tu eu des retours sur ton dernier album, Even Weight ? ça se vend ?

Ouais, ça s’est pas mal vendu ! C’est assez différent de ce que les gens font actuellement, en tout cas en ce qui concerne simplement la drum’n’bass, ou simplement le dubstep. Il y a quelque chose de l’ambient rock, il y a des trucs basse-guitare, et puis il y a aussi de la drum’n’bass très hard, ou même du downtempo, des voix… il y a un morceau avec Jarboe des Swans, donc tu vois, on a vraiment exploré tout ce qu’on pouvait. Beaucoup de mes influences sont remontées ces dernières années, à travers mes albums, et maintenant, plus le temps passe, plus j’essaie de saisir ces influences et de dire « hey, tu serais dispo pour bosser avec moi sur quelque chose ? » et souvent c’est « quand j’aurai le temps, ouais, bien sûr ! », donc… ouais, c’est un de mes albums préféré, j’en suis vraiment content. Et puis bon, quant à savoir si ça se vend, Nicolas [Chevreux, NDLR], tu sais, je lui pose même pas la question, mais une fois de temps en temps il me dit que ça se vend bien, alors c’est cool. Et puis le packaging et tout, avec le vinyle blanc, je pouvais pas être mieux servi.

As-tu essayé d’utiliser tes humeurs personnelles pour construire cet album ou est-ce que c’est fictionnel ?

Ah non, non, c’est totalement mes sentiments personnels. Ça m’a pris deux ans pour composer cet album, donc il y a rien de faux à propos de cet album. C’est extrêmement personnel, et c’est pour ça d’ailleurs que c’est probablement mon album préféré. Parce que c’est mon cœur, tu vois ce que je veux dire ? C’est ce que j’aime. C’est pas juste ce que je veux entendre. Chaque morceau a pris un temps important à composer, ils se sont installés là, et ils sont finalement devenus ce qu’ils sont devenus, donc… non, ce n’est pas fictionnel. C’est à 100% ce que j’ai dans le ventre.

 

Beaucoup de gens te définissent comme un artiste de breakcore, comment tu te sens vis-à-vis de ça ?

Le premier album de breakcore que j’ai fait, c’était en 1999/2000 je pense, ça fait un bout, et… ce truc a changé. Moi, je me basais sur la jungle, et la jungle a changé aussi, en tout un tas de trucs différents… Je pourrais pas dire que le breakcore est pour moi une idée que les gens ont, tu vois, comme Venetian Snares, Xanopticon, comme ces putains de broken beats tarés, moi j’étais plutôt de la jungle à la base, et donc j’ai fait ça. Donc j’imagine que je faisais du breakcore, au début, mais voilà, j’ai juste continué, et… avec l’âge, je pouvais pas m’empêcher de faire cette musique, tu vois. Donc, les étiquettes qu’on te colle, tu peux jamais en échapper. Si je faisais du breakcore au début, alors je ferai toujours du breakcore à putain 45 ans, dans les yeux des gens. Si c’est de l’ambient, du drone, ou n’importe quoi d’autre, les gens diront « c’est un nouveau breakcore ! c’est… bizarre ! » Tu vois ce que je veux dire ? C’est quelque chose dont tu peux pas te débarrasser.

Quand on écoute Even Weight, on a l’impression que tu as modelé chacun des morceaux avec leur propre intro, leur propre développement et leur fin. Est-ce que c’est difficile pour toi de jouer ça en live, sous forme de set ?

Bon, disons que pour certains morceaux, l’intro convient totalement à un live set, et pour d’autres, ça va pas. Alors des fois, lâcher un morceau déjà bien entamé, pour un public, c’est ce qu’il te faut. Et des fois l’intro va très bien, quand tu as besoin de construire l’ambiance et d’avoir cette vibration, donc ça dépend vraiment du morceau. Quand je joue en concert, je joue beaucoup de vieux trucs, parce que c’est plus adapté à un public live. Mais dans mon nouvel album, il y a quelques morceaux que je peux jouer, comme le morceau avec Ben Hecq, tu vois, cet espèce de dubstep de malade, même si je suis jamais vraiment allé dans ces trucs-là… ça, tu peux balancer ça dès le début. Mais un truc qui a une intro super longue de 3 minutes, bon, tu peux pas vraiment faire chier le public avec ça en plein milieu de ton set, tu vois… tu dois continuer à faire bouger. Je sais pas… ça dépend aussi de l’humeur du public.

Donc comment tu gères le fait que ton album est plein d’humeurs qui sont pas forcément très adaptées pour le dancefloor ? Est-ce tu te dis « il faut que je mette un truc plus « dancefloor » sinon le public va se faire chier » ?

Oh, non, ça vient simplement. Le nouvel album a quoi, trois ou quatre morceaux qui peuvent définitivement mener à une ambiance assez hard, parce que j’aime toujours les breakbeats rapides et hard, et ce genre de trucs. Mais avec l’âge, j’ai de plus en plus envie de profiter du fait d’être entouré de plein de gens qui peuvent me mettre en contact avec des artistes avec qui j’ai envie de bosser, ou alors des studios où j’aimerais aller, donc… j’aime toujours faire des trucs jungle super tarés et rapides, et ces trucs-là continuent à structurer mon travail, mais… je sais pas, je me dis pas vraiment « il faut que je fasse tant de morceaux sur mon album qui soient plus dancefloor ». C’est comme quand tu me demandais tout à l’heure si c’était fictionnel ou quoi, pour moi ça veut dire « est-ce que c’est artificiel, est-ce que c’est faux ? ». Je ne prétends pas, je me lance, c’est tout. Pour beaucoup, ces morceaux ont simplement été collectés au fil des ans. J’ai encore une trentaine de morceaux que j’ai jamais fini, et qui auraient très bien pu finir sur cet album si j’y avais donné un peu d’intention. Certains sont très rapides et durs, d’autres sont extrêmement tristes. Donc non, il n’y a pas vraiment d’intentions, ça sort simplement.

On a remarqué que tu travaillais avec beaucoup d’artistes différents. Comment tu choisis tes collaborations ?

En fait, des fois, on me présente des gens, on me suggère « hey, tu devrais rencontrer ces gars-là, ils sont cool, ils sont chanteurs, ou guitaristes », donc je les rencontre, et c’est parti. Et puis il y en a d’autres, comme Justin Broadrick, de Godflesh, je suis un grand fan de Godflesh, alors on a fait Blood of Heroes ensemble, tu vois ce que je veux dire, il fallait que je fasse ça ! Et comme Jarboe aussi – je suis aussi un grand fan des Swans – en fait elle est entrée en contact avec nous parce que ça ne lui a pas trop plu que je la sample sur un de mes morceaux… alors elle m’a dit « bon, du coup, pour ton prochain album, tu n’as qu’à composer un morceau pour moi gratis », et j’ai dit « ok, cool ! », et on l’a utilisé pour l’album, et elle était cool avec ça, donc… ça c’est arrivé par accident. Et Jared Louche, de Chemlab – je suis un gran fan de Chemlab depuis que je suis ado, ces trucs metal indus, tu vois. Donc il y a des gens avec qui je voulais vraiment travailler, et des gens que je croise comme ça. Et Nicolas est une bonne ressource pour croiser des gens nouveaux. Des fois il dit « hey, tu dois bosser avec Non de Shadow Huntaz », ou un truc dans le genre, « ces mecs sont géniaux ! », alors je regarde ça, et on fait un morceau ensemble. Donc je demande à des gens de bosser avec moi, et des fois il me balance des idées… il est de bons conseils. Il sait toujours ce que je suis en train de faire, et des fois il va même entendre quelque chose avant même que je l’ai fait… « oh, tu dois rencontrer ce gars, il est vraiment cool »… ou fille ! Comme Kazumi, sur mon album Pushing Back, c’est vraiment une chanteuse brillante, brillante.

Est-ce qu’il y a quelqu’un avec qui tu aimerais particulièrement travailler ?

Quelqu’un, en ce moment ? Putain, mec… je sais pas ! … j’imagine cEvin Key de Skinny Puppy, ça serait super. Ou les gars de Pelican. J’écoute pas mal de trucs genre drone-metal, donc ouais, des gens comme Pelican, ou This Will Destroy You, ou Explosions in the Sky, tu vois, quelque chose dans ce genre.

Tu as des projets en ce moment ?

Oui, le nouveau Blood of Heroes vient d’être terminé, il est en train d’être mixé à New York, et il sortira en décembre je crois. Un des morceaux que j’ai écouté, en train d’être masterisé avec Justin Broadrick, j’ai entendu ce truc et je me suis dit « putain, qu’est-ce qu’on a fait ?? » On a vraiment créé quelque chose de spécial sur cet album. J’aime beaucoup le premier Blood of Heroes, j’aime l’EP de remixes, mais le nouveau, selon moi, a dix fois le niveau de… pas de production, mais d’idées et de temps qu’on y a consacré. C’est tellement au-dessus de ça, je veux dire, c’est délirant. Ça a été vraiment long, et dès que le premier est sorti, on commençait déjà à travailler sur le second. Donc deux ans, on vient juste de terminer de le mixer, et le mastering est en cours maintenant, donc, vraiment, j’ai hâte qu’il sorte.

Qui as-tu le plus envie d’entendre ce soir ? [NDLR : le 28 septembre, du coup]

J’aime toujours voir Ben Hecq jouer, il est vraiment génial, sa qualité de son et tout, c’est vraiment bien. Et j’aime beaucoup aussi The Outside Agency. J’aime beaucoup les trucs de DJ Hidden et Frank Eye-D indépendamment, mais The Outside Agency, pour moi, est une putain de perfection, tu vois, le style de musique qu’ils font, la qualité de son est tellement parfaite, j’aime vraiment les voir jouer.

Est-ce qu’il y a un album qui t’a particulièrement marqué ces derniers temps et que tu aimerais partager ?

J’ai pas vraiment écouté un nouvel album depuis… putain, deux ans j’imagine ? Nicolas m’envoie des trucs nouveau et je suis toujours en train de bosser sur ma musique et je me rends compte que quand je bosse j’ai pas vraiment le temps d’écouter le reste. Nicolas m’envoie des trucs comme… Igorrr joue ce soir ? Ouais, lui il est hallucinant, j’adore ses trucs. Sinon, quoi d’autre est sorti récemment… ah oui, euh… Techdiff ! Dave Techdiff ! Ses nouveaux trucs sont vraiment géniaux. Je l’ai vu jouer, et le gars m’a toujours halluciné, et quand j’ai entendu ce qu’il a fait sur son dernier album, ça n’a rien à voir avec ce qu’il faisait avant. Mais c’est toujours lui, c’est toujours super intelligent, et sa façon à lui et tout, mais c’est un style complètement différent. Oh et aussi ce gars de chez Peace Off, Satan. Il vient de Saint Petersbourg, et je joue avec lui la semaine prochaine à Gent… cet enfoiré est taré. Mais bon, il s’appelle Satan, alors il doit être bon, quoi ?

Et donc, en attendant le prochain Blood of Heroes qui devrait donc sortir le 4 décembre chez Ohm Resistance, on se repasse en boucle Even Weight jusqu’à l’apoplexie, et aussi un petit quelque chose qui est passé assez inaperçu pour l’instant mais qui devrait franchement pas, c’est « Enduser shares needles with The Teknoist« , ou la collaboration de Enduser, Needle Sharing et The Teknoist pour un album d’une qualité impressionnante. Encore et toujours chez Ad Noiseam…

Propos recueillis par Ehoarn, merci à Nathalie Nrt et à Adrien pour les photos, le dictaphone a été magnifiquement et amoureusement tenu par Colin.

Hi there, welcome to Paris. Have you come here before ?

Yes, i played in a party, a few years back, but it’s the first time in the boat.

Have you had any feedback on your last album, Even Weight ? Did it sell ?

Yeah, it sold pretty good ! It’s different from most of the releases people make these days, as far as just drum & bass, or just dubstep, it’s got kind of ambient rock stuff, it’s got guitar-bass things, and it also got really hard drum & bass, or downtempo shit, vocals, a lot of vocal stuff… there’s a track with Jarboe from the Swans, you know, so we really went all over the place with it… a lot of my influences, really, have come out over the years, through my records, and now, the more i do, the more i try to grab those influences and say « hey, are you available to work with me on something ? » and usually it’s « when i have time, yes, of course ! », so… yeah, this is one of my favorite records that i’ve done, so i’m happy with it, and, as far as the record sells, Nic [Nicolas Chevreux], you know, i don’t even ask him about that, but he tells me every once in a while that it sells well, so that’s cool for me, and the packaging and everything, the white vinyl, i couldn’t be more happy with it, the package and the sound quality, so…

Did you try to get your personal moods inside to build this album or is it completely fictional ?

Oh no, no, it’s definitely my personnal feelings. It took me two years to write this album, so there is nothing fake about that record. It’s extremely personnal to me, and that’s why to me it’s probably my favorite record, because, it’s my heart, you know what i mean, it’s what i love. It’s not just what i want to hear. Each track took a long time, and they sat there, and then they finally became themselves, so… no, it’s not fictionnal. It’s exactly 100% my heart.

A lot of people define you as a breakcore artist, what do you feel about that ?

The first breakcore record i did was 1999/2000 i think, it was a while ago, and… that shit has changed, and it was based to me off jungle, and jungle has changed as well, into different things… i would not really say, to me, breakcore is kind of an idea that people had, you know, like Venetian Snares, Xanopticon, like these crazy fucking broken beats, but i was more from a jungle side, and so i did that stuff. So i mean i guess it was breakcore in the beginning, and i just went on, and… the older i got, i’ve just kept making music, you know what i mean. So, the terms that someone gives you, you can never escape it. If i was making breakcore in the beginning, then, i would still be making breakcore when i’m fucking 45 years old. If it’s ambient, or drone, or fucking whatever… like « it’s a new breakcore ! … it’s weird ! » You see what i mean ? It’s something you can’t get rid of.

When i listen to your last album, it sounds like you have shaped your tracks with their proper intro, development, and ending. How hard is it for you to play it live ?

Well, basically it’s like, some tracks, the intro suits the track for a live audience, and sometimes it doesn’t. So sometimes dropping a track in the middle, for a live audience, that’s what you need to start it. And sometimes the intro suits it, when you need to built up and get that vibe, so it depends on the song. When i play live, i play a lot of older shit, cause that’s more like for a live audience, but my new album, there’s only a couple of tracks i play off of it, like the track with Ben Hecq, you know, that crazy dubstep kind of shit, even though i’ve never really gone into that kind… it can drop right from the beginning. But something that has a super-long like 3 minutes intro, you can’t really bore the crowd with that right in the middle of the set, you know… you got to kind of keep it moving. So… i don’t know, it depends on the mood of the audience as well, so…

So how do you deal with the fact that your album is full of moods that are not necessarily dancefloor-oriented ? Do you tell yourself « of i’ve got to put something more dancefloor now, because the audience is gonna get bored otherwise » ?

Oh, no, it just happens, the new album has like three or four tracks that i can definitely get to a really hard vibe, because i still love hard fast breakbeats, and everything like that, but the older i get, i really want to take the advantage of the fact that i have people around me that can get me in touch with artists that i want to work with, or studios that i can go to, and collaborate with people, and so… i mean, i still love making crazy fast jungle shit, and that shit, i mean, it comes through, but… i don’t know, i mean, i don’t go into saying myself « i have to make this many tracks on my record that are going to be dancefloor-oriented ». Every record is, like i said when you asked me the question earlier, « is it fictional » or something, to me that means « is it artificial, is it fake ? » There’s no pretends, there’s no pretends, i go in, i just start things. A lot of the tracks, they are just collected over the years, and… i still have like fucking 30 tracks or someting that i’ve never finished, that could have easily come out on that record if i would have given them the intention, and some of them are really fast and hard, and some of them are like extremely sad. So there’s no intention at all, it just comes out.

I’ve noticed that you work with a lot of different artists. How do you choose your collaborations ?

Well, sometimes, people are brought to me, like someone would suggest « oh, you should meet these guys, they are really cool, they are vocalists, or guitar players », so i’ll meet them, and sort it out, etc… but some people, like Justin Broadrick from Godflesh – i’m a huge Godflesh fan – so we did the Blood of Heroes stuff with all those guys, you know what i mean, i have to do this ! … and like Jarboe – i’m a huge Swans fan – actually she got in touch with us because she got really mad that i sampled her on a track… and then she said « well the next record, you can produce a song for me for free. » and i said « ok, cool ! » and then we actually used it on the album, and she was really cool about everything, so… that happened by accident. And Jared Louche from Chemlab, i mean, i’ve been a fan of Chemlab since i was a teenager, like industrial metal shit, you know. So, some people i really want to work with them, and some people they just come across, and Nicolas is a good resource for new people. Sometimes he says « hey, you’ve got to work with Non from Shadow Huntaz » or something like that, « these guys are great ! », then i check it out, and we work on a track. So i ask for people to work with me, and he sometimes throws in ideas and… he’s a good source. He always knows the sound that i’m making, and he’ll hear something before i even made it… « oh you gotta meet this guy, he’s really cool »… or girl ! Like Kazumi, on my Pushing Back record, brilliant, brilliant vocalist.

Is there anybody you’d particularly like to work with ?

Anybody, now ? Fuck, man… i don’t know ! …. i guess cEvin Key from Skinny Puppy, that would be good. Or the guys from Pelican. I listen a lot to drony-like metal kind of stuff, so yeah, someone like Pelican, or This Will Destroy You, or Explosions in the Sky, you know, something like that.

Do you have any plans right now ?

Yeah, the new Blood of Heroes is just finished, it’s got mixed down in New York, and it comes out i think in December, and one of the last tracks i heard that was mastered, with Justin Broadrick, i heard that shit and i was like « what the fuck have i done ?? » We really created something special on that record. I like the first Blood of Heroes, i like the remix EP, and this new one is, to me, ten times the levels of… not production, but the ideas and the time that we’ve spent on it, it’s so far above that, i mean, it’s ridiculous. It was a really long process, as soon as the first came out, we already started the second one. So 2 years, and it’s just now finished mixing and mastering is in the process now, so i cannot wait for that to come out.

Which artist do you want to see the most tonight ? [back then on sept 28th]

Well, i always love seeing Ben Hecq playing, he’s amazing to me, his sound quality and everything is really great. And i really really love The Outside Agency. I really love DJ Hidden and Frank Eye-D stuff independantly, but The Outside Agency to me is fucking perfection, you see, the style of music that they do, the quality of the sound is so perfect, i really love watching them play, so.

Is there any album that you particularly liked these past months and that you want to share ?

I haven’t listen to a new record for fucking… couple of years i guess ? Nic sends me new shit and i’m always working on music and i find that when i’m working on music i don’t really have the time to listen to new stuff, huh, Nic sends me shit like… Igorrr is playing tonight ? Yeah, he’s amazing, i love his shit. See, what else is coming out now… ow, fucking, huh… huh …. Techdiff ! Dave Techdiff ! His new shit is fucking amazing ! I went to see him play, and the guy always blew my mind, and then i heard what he did on his now record, and it’s nothing like he was doing before, but it’s still him, it’s still super-intelligent and his own way, but it’s a whole different style of music. Oh and also the Peace Off man called Satan. He’s from St Petersburg, Russia, and i play with him next week in Gent… motherfucker’s insane. But his name is Satan, he’s gotta be good, right ?

So, while waiting for the new Blood of Heroes that should be out on the 4th of December on Ohm Resistance, let’s listen again to Even Weight, his last album, on Ad Noiseam, and also to something we don’t hear that much from, so far, « Enduser shares needles with The Teknoist« , or Enduser, Needle Sharing and The Teknoist working together to produce a fine and mind-blowing record of hard drum’n’bass, breakcore, jungle or whatever you’ll call it. Again, on Ad Noiseam…

Questions asked and answers transcripted by Ehoarn, pictures courtesy of Nathalie Nrt and Adrien, microphone gently and magnificiently held by Colin.

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