Hakobune : et VoxxoV s’éveilla (doucement)

Hakobune - Nebulous SequencesNous sommes bien en peine de tartiner Nebulous Sequences, de Hakobune, sorti chez VoxxoV Records il y a peu. Loin de notre champ lexical et de nos « compétences », il faut quand même dire que cet ambient tout en nappes épaisses, bien crèmeuses, est d’une constance et d’une cohérence affolantes. Vu depuis mon génotype plutôt enclin à s’égayer dans le breakcore et autres musiques violentes, Nebulous Sequences est intéressant justement parce qu’il est nébuleux, et dans tous les sens du terme : dans les textures, et dans le sens. A mi-chemin entre les coussins rassurants et le froid angoissant, Hakobune arrive à créer le doute et à suggérer la dualité, même avec un son aussi lent et aux variations aussi infimes. La progression est imperceptible, et de ce fait certains trouveront ça chiant. Et je comprends bien, mais la difficulté d’appréhender un son aussi difficile et autiste (il faut le dire) tient d’abord de la capacité à trouver le bon moment pour l’écouter.

Ce Nebulous Sequences semble incontestablement se positionner dans la frange la plus « dure » de l’ambient, et donc la plus difficile à aborder, MAIS c’est une musique extrême comme une autre, dans le sens où la limite entre la répulsion et l’acceptation est extrêmement ténue et variable. Ecoutez ce double album au réveil, au coucher, en mangeant, en conduisant, en bossant, en équarrissant des canards, peu importe. Mais trouvez le meilleur moment pour le faire, et alors il devient un régal non dissimulé, alors que quelques heures plus tard ou quelques heures plus tôt, il est insupportable. Il est nécessaire de savoir s’abandonner en l’écoutant, ou l’abandonner pour y revenir plus tard, et il est indispensable d’accepter d’en être saoulé pour avoir le courage d’y revenir. Mais à force d’écoute on se laisse plus facilement envelopper par les brumes musicales et l’on devient plus réceptif aux couches qui se meuvent lentement.

Hakobune produit un son exigeant, dont la maîtrise et la qualité sont indéniables, mais qui nécessite une disponibilité et une indulgence rares, et donc difficiles à livrer par l’auditeur. Ecouter cet ambient est d’abord loin d’être une partie de plaisir, et contrairement à beaucoup d’autres oeuvres qu’on pourrait labeliser du même épithète, il éxige que l’on se prépare à son écoute. Il ne propose pas un son « immediatement consommable ». De ce fait, il n’est probablement pas la meilleure oeuvre pour aborder ce type de musique, ne commencez pas votre initiation à l’ambient avec Hakobune (comme l’on commence rarement à écouter de l’IDM avec Autechre). Mais si vous êtes déjà quelque peu familiarisé avec ces sons étranges, alors cet album est fait pour vous.

Nous vous disions en Mars qu’une double compilation ne faisait pas un label, et que l’avenir dirait si VoxxoV tiend la route ou pas. Ce n’est certainement pas avec une seule sortie que nous pouvons nous prononcer, mais on peu d’ors et déjà affirmer que VoxxoV Records plante le décors avec panache : pour une première sortie, un double album d’ambient aussi éxigente, c’est osé.

Pour acheter ce bel objet en sortie très limitée à un prix quasiment dérisoire, c’est ici

Ehoarn

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6 Commentaires

  1. alamartine

    jolie chronique!

  2. Maku

    oui donc c’est parfait la tête dans le cul à 7h du mat, je confirme…

  3. Pingback: Damian Valles – Exposure. Le sommeil de la bête | Tartine de contrebasse

  4. Pingback: Paskine – Nimrod. Subtiles lubies en mouvements | Tartine de contrebasse

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