Tomonari Nozaki : Du déclin à la beauté

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Amour inconditionnel du matériel analogique et plus particulièrement des enregistreurs à bobines, dépictions poussiéreuses d’instants chavirés et laissés en proie aux vagues du déclin sur les rivages du temps, compositions dont le minimalisme apparent n’a d’égal que l’intensité des émotions… Non, c’est n’est pourtant pas l’illustre William Basinski que l’on a invité à discuter avec nous, mais un discret producteur japonais du nom de Tomonari Nozaki. La sortie de ses derniers travaux sur le label britannique Forwind semblait être la bonne occasion de lui donner la parole, et d’en savoir plus sur son mystérieux univers construit sur des répétitions imparfaites.


Bonjour Tomonari ! Avant tout, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut Dotflac ! Je suis un artiste qui aime créer de la musique et faire de la moto dans Tokyo.

Qu’est-ce qui t’a mené à la musique, et pourquoi avoir choisi de t’installer en territoires ambient apparemment minimalistes ?

Dans mon enfance, mes parents enseignaient la musique aux enfants, j’ai donc naturellement commencé à jouer du piano et de la guitare. J’en suis venu à m’intéresser aux techniques de DJ et j’ai commencé à créer de la musique moi-même. Mon style a changé en 2011 depuis Romantica, sur Soun Records, en l’actuel que je décrirais comme émotionnel. Avant cela, je composais de la noise music, de la minimal techno etc., mais un jour j’ai remarqué le plaisir de créer de la musique émotionnelle. J’ai fait face à des choses négatives et étais vraiment fatigué de mon ancien style à ce moment.

À travers ta discographie, tu es de toute évidence amoureux de matériel analogique, en particulier les enregistreurs à bobines. Pour toi, que permettent-ils que les autres media ne peuvent pas offrir ?

C’est sympa de couper les bandes avec des ciseaux et de les attacher, c’est comme si je traitais matériellement la musique.

Suivant la question précédente, peux-tu nous en dire un peu plus sur tes procédés de création et de production ? Qu’est-ce qui t’inspire et comment le traduis-tu en sons ?

À vrai dire, je ne crée pas de musique en pensant à une image concrète dès le début. Je réalise habituellement 10 à 100 boucles très courtes par jour et ne suis pas satisfait par 90 % d’entre elles. Cependant, je peux parfois accidentellement en trouver une bien parmi celles-ci, et la montrer aux gens sous forme d’une composition. La patience est nécessaire pour compléter une piste, et je peux vivre un superbe moment lorsque je la finis après beaucoup de temps.

À quoi ressemble ton studio alors ? Une pile de matériel analogique vierge et rétro attendant de se faire enregistrer dessus, ou bien tu utilises de vieux échantillons de bandes que tu coupes et attaches pour élaborer ta musique ?

Quelques enregistreurs à bobines, des synthétiseurs analogiques, de vieux Analog Effectors sont alignés dans une petite pièce. Les bandes magnétiques sont dans des boîtes en carton, et semblent en fait désordonnées.

Ta manière particulière de traiter ton matériel donne à tes compositions un aspect imprévisible, presque vivant, à contre-courant de cette croyance populaire que la musique électronique est déterministe et calculée. Donc quand tu enregistres, laisses-tu le destin décider des bruits qui apparaîtront sur tes morceaux, ou bien réenregistres-tu jusqu’à être satisfait ? En bref : magnifique entropie ou fatalisme réprimé ?

Comme je l’ai mentionné dans la Question 2, je plaçais avant une grande importance sur le côté mathématique/théorique, mais j’ai réalisé que le talent pour créer un travail parfait me faisait défaut. C’est aussi confortable pour moi de traiter la mélodie et le timbre librement à part de choses comme le tempo et la structure, qui me retiennent. J’en suis venu à créer de la musique en pensant simplement et intuitivement, pas en pensant techniquement. Quant aux bruits dans mes pistes, je les exploite parfois moi-même, mais la plupart d’entre eux sont causés par des problèmes se présentant avec l’équipement et le dommage des bandes.

Tes mélodies qui se heurtent aux imperfections analogiques émergent souvent en morceaux profondément mélancoliques ; elles semblent être des victimes du temps qui se dégradent inévitablement, brillant une dernière fois avant de complètement disparaître. Te considères-tu comme un « captureur » de chant du cygne ? Un accro à la mélancolie ?

Honnêtement, je ne suis pas sûr que je suis un accro à la mélancolie. Mon but est de créer la mélodie que je ne peux pas me sortir de la tête, même quand je n’écoute pas de musique. J’aime ce genre de mélodies simples et ça me conduit peut-être à faire de la musique mélancolique.

Est-ce que la vision de la musique de Tomonari Nozaki est différente de celle de ton autre alias UNKNOWNjp ?

Il n’y aucune différence entre les deux en réalité.

UNKNOWNjp a été utilisé en premier, passer à ton vrai nom n’était qu’une manière d’aller au devant de la scène alors ?

Oui, en fait, je n’y ai pas sérieusement réfléchi, et encore maintenant ça m’est égal de les utiliser séparément.

Intéressons-nous un peu à tes sorties. Invisible Birds, Tâalem, Forwind : tu as régulièrement changé de labels pour héberger tes EPs et albums, jusqu’à cette année où tu es revenu vers Forwind (le label qui a publié ta première édition physique North Palace en 2013) pour offrir ton dernier ensemble de trois EPs. As-tu une relation spéciale avec Shane Lawlor (N.D.R. : boss de Forwind) ?

Soun Records en Slovaquie et Element Perspective au Japon sont également d’importants amis, tout comme ces trois labels que tu as cité. Shane s’est concentré sur le potentiel dormant que j’ai et m’a soutenu avec beaucoup de dévouement. Il a également fait la promotion de mes morceaux à plein de personnes différentes quand j’ai sorti North Palace. J’ai énormément de respect et de gratitude pour lui au-delà de ma description.

Avant de parler de 2016, j’aimerais juste savoir quelles furent tes inspirations pour écrire les deux contes élémentaux Une Histoire de Bleu et The Fall of Icarus. Ils sonnent comme des artéfacts soniques des histoires d’amour oubliées entre la mer et le ciel.

Tout d’abord, je suis content d’entendre que tu as apprécié ces deux sorties, merci. Je n’ai pas commencé à faire les pistes avec des inspirations concrètes, mais si je devais les décrire après les avoir chacune terminées, je m’imagine plonger en eaux profondes dans Une Histoire de Bleu, et être réincarné en me consumant, mes plumes partant en magnifiques volutes de fumée à travers le ciel dans The Fall of Icarus.

Et maintenant, tu révèles trois minis. Une raison de faire ça plutôt qu’un album comme tu le faisais habituellement ?

Parce que je voudrais que les gens apprécient le contraste entre la tranquillité et le mouvement.

Tu parlais de tes compositions comme un travail de patience, et maintenant tu décris la voie de Credence à Concession comme un contraste entre le calme et le mouvement. J’ai peut-être été un peu présomptueux quand j’ai parlé d’une profonde mélancolie ancrée dans tes pistes, mais il semble que le temps a une importance bien plus grande et évidente dans tes créations. Le medium que tu utilises et la manière dont tu enregistres s’identifient aussi beaucoup à des mots comme la répétition et le déclin. As-tu une relation spéciale avec le temps ?

Oui, le temps et le déclin sont des concepts auxquels j’attache beaucoup d’importance. J’aime une chose qui change graduellement, par exemple, le décor que j’observe quand je voyage vers une ville lointaine en train ou en bus. Un décor urbain monotone entouré d’immeubles, de panneaux d’affichage et de voitures se transforme en un décor désert, et ensuite en un paysage naturel avec des forêts et le ciel… Quand je m’y ennuie, je ressens à nouveau progressivement une présence d’un décor puis reviens à un autre entouré d’immeubles, de voitures et ainsi de suite… J’aime ce qui change graduellement, imperceptiblement.

Dans Credence / Decadence / Concession, je suis presque sûr que les enregistrements de terrain élusifs jouent un plus grand rôle dans tes paysages sonores. Tu estimais qu’il était temps d’élargir tes possibilités ?

Je suis certain que j’ai trouvé une nouvelle possibilité tout seul à travers l’enregistrement. J’ai apprécié tester une méthode qui n’est pas restreinte par une seule manière de composer comme l’édition des bandes magnétiques, le rythme, les synthétiseurs, le bruit etc., et j’ai essayé de travailler avec toutes ces techniques en même temps.

Deux morceaux se démarquent plus que les autres pour moi : Decadence Pt.2 et Concession Pt.2. Dans la première, on peut presque sentir une partie rythmique sous les couches expressives ressemblant à des chœurs ; dans l’ensemble, ça sonne plus optimiste et exubérant que la majorité de tes précédentes pistes.

Merci ! Decadence Pt.1 est plus sombre et plus abstraite ; d’un autre côté, Decadence Pt.2 est plus concrète et j’ai vraiment adoré la faire dans la bonne humeur !

Concernant Concession Pt.2, entre les boucles d’orgue et le grondement des basses fréquences d’une fusée virtuelle qui se mélangent en des proportions épiques, je me suis vraiment imaginé prendre la direction de l’espace dans un style cinématographique old-school. Si l’on devait lire entre les lignes, devrions-nous la considérer comme une ouverture à tes futures productions, allant musicalement plus loin qu’avant et prêtes à explorer de nouveaux territoires ?

Elle est plus spectaculaire par rapport à n’importe quelle piste que j’ai créée jusqu’à maintenant. C’était presque un miracle pour moi de terminer Concession Pt.2 et je ne suis pas certain que je puisse composer un travail similaire la prochaine fois. C’est plutôt difficile pour moi de le faire considérant mon talent.

Que veux-tu dire par rapport à ton talent ? Tu te considères incapable de refaire quelque chose comme Concession Pt.2 ? Pourquoi donc ?

Pour moi, créer de la musique est une question de chance, et j’ai donc actuellement beaucoup de morceaux et de matériel inachevés. Quant à Concession Pt.2, je l’ai complétée en utilisant des méthodes dont je ne me sers pas habituellement, et je crois qu’il sera compliqué pour moi de me retrouver à nouveau avec quelque chose d’équivalent.

Dernière question : as-tu des projets secrets après la sortie de Concession ? Nouvel album, nouvel EP, live sets au chaud ?

J’ai quelques projets, ils viennent de commencer et je n’ai aucune idée de comment ils vont évoluer pour le moment. Mais je peux dire sans aucun doute que je continuerai à créer de la musique dans le futur.

Tour bonus : peux-tu nous en dire un peu plus sur la piste que tu as choisi pour clore cette interview ?

J’ai apprécié notre conversation, et j’ai eu cette idée que j’aimerais vraiment que les lecteurs écoutent un de mes morceaux préférés appelé Nocturne in Black and Gold avec l’interview. C’en est un que j’ai fait l’année dernière. Il tient la même mélodie pendant environ 30 minutes, mais je suis sûr que tu peux sentir le léger changement dans la mélodie et le temps qui passe. C’est pourquoi je l’ai choisi.

Merci à toi pour le temps que tu nous as accordé, et à très bientôt !

Tomonari Nozaki

Dotflac



ENGLISH VERSION | Tomonari Nozaki : From decay to beauty

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Unconditional love of analogic material and more specifically reel-to-reel tape recorders, dusty depictions of capsized moments, left beset to the waves of decay on the shores of time, compositions whose apparent minimalism only equals the intensity of its emotions… No, we didn’t invite the illustrious William Basinski to chat with us, but a discreet japanese producer named Tomonari Nozaki. The release of his latest works on the british label Forwind seemed to be the right opportunity to give him a chance to speak, and to know more about his mysterious universe built on imperfect repetitions.


Hello Tomonari ! Before anything, can you present yourself to our readers ?

Hi Dotflac ! I am an artist who loves to create music and motorbike in Tokyo.

What led you to music, and why did you choose to settle in apparently minimalist ambient territories ?

In my childhood, my parents taught music to children, so I naturally started to play the piano and the guitar. I came to have an interest in DJing and started to create music by myself. My style had been changed in 2011 since Romantica, on Soun Records, to the current one I would describe as emotional. Before that, I composed noise music, minimal techno etc., but one day I noticed the pleasure to create emotional music. I faced pessimistic things and I was really tired of my former style at that time.

Through your discography, you’re obviously in love with analogic hardware, particularly reel-to-reel tapes. For you, what do they allow that other materials can’t provide ?

It is fun to cut tapes by scissors and attach them, it seems that I treat music materially.

Following the previous question, can you tell us a bit more about your creative and production processes ? What inspires you and how do you translate it into sound ?

Actually, I don’t create music thinking of a concrete image from the beginning. I usually make about 10 to 100 very short loops a day and I am not satisfied with 90 % of them. However, sometimes I can accidentally find a great one from those loop materials, and show it to people as a composition. Patience is really needed to complete one track, and I can have a wonderful moment when I finish it after a lot of time.

How is your studio looking then ? A pile of virgin and vintage analogic hardware waiting to be recorded on, or do you use old tape samples that you cut and attach to craft your music ?

Some reel-to-reel recorders, analog synthesizers, old Analog Effectors are in line in a small room. Tape materials are also in cardboard boxes, they look unarranged actually.

Your very own way to deal with your material gives to your compositions an unpredictable, almost lively feeling, swimming against that popular belief that electronic music is determinist and calculated. So when you’re recording, do you let the fate decide of the noises that will appear on your tracks, or do you rerecord until you’re satisfied ? In brief : beautiful randomness or contained fatalism ?

As I mentioned in Question 2, I placed a high importance on the mathematical/theoretical side before, but I realized I lacked the talent to create a perfect work. It is also comfortable for me to make melody and timber freely apart from things like tempo and structure, which bind me. I came to create music thinking simply and intuitively, not thinking technically. As for the noises in my tracks, I sometimes operate them by myself, but most of them are caused by the problems that occurred with the equipment and the damage of the tapes.

Your melodies colliding with analogic imperfections often emerge as deep melancholic pieces ; they seem victims of time that inevitably decay, glowing a last time until they completely disappear. Do you consider yourself as a swansong recorder ? A melancholy addict ?

Well, to be honest, I am not sure I am a melancholy addict. My point is that I create the melody I can not get out of my head, even when I don’t listen to the music. I love such simple melodies and maybe that leads me to make a melancholic music.

Is Tomonari Nozaki’s vision of music different from your other alias UNKNOWNjp ?

There is no difference between them actually.

UNKNOWNjp was used first, so switching to your real name was just a matter of stepping forward then ?

Yeah, in fact, I didn’t think about it seriously, and still now I don’t care to use them separately.

Let’s focus a bit on your releases. Invisible Birds, Tâalem, Forwind : you regularly changed labels to host your EPs and albums, until this year where you came back on Forwind (the label who published your first physical edition North Palace in 2013) to offer your latest set of three EPs. Do you have a special relation with Shane Lawlor (ed. : Forwind’s boss) ?

Soun Records in Slovakia and Element Perspective in Japan are also important friends, same as those three labels you named. Shane focused on the dormant potential I have and supported me a lot committedly. He also appealed my tracks to many different people when I released North Palace. I have a great respect and gratitude for him beyond my description.

Before talking about 2016, I’d just love to know what were your inspirations to write the two elemental tales Une Histoire de Bleu and The Fall of Icarus. They sound like sonic artifacts of the forgotten love stories between the sea and the sky.

At first, I am glad to hear you liked those two releases, thank you. I didn’t start to make the tracks with concrete inspirations, but if I should describe them after finishing each one, I have an image of diving under the deep-sea in Une Histoire de Bleu, and being reincarnated burning with smoking feathers beautifully billowing into the sky in The Fall of Icarus.

And now, you’re unveiling three minis. Any reason to do that rather than an album like you usually did ?

Because I would like people to enjoy the contrast between stillness and motion.

You talked about your compositions as a work of patience, and now you describe the path from Credence to Concession as a contrast between stillness and motion. I may have been a bit presumptuous when I talked about a deep melancholy anchored within your tracks, but it seems that time has a more obvious and great importance in your creations. The medium you use and the way you’re recording also relate a lot to words like repetition or decay. Any kind of special relationship to time so ?

Yes, time and decay are the concepts I attach importance to. I like a thing that changes gradually, for instance, the scenery I look at when I travel to a distant city by train or bus. A monotonous town scenery surrounded by buildings, signboards and cars turns into a deserted scenery, and then to a natural landscape with forests and the sky… When I get bored in it, I progressively feel someone’s presence from a scenery again and go back to an other one surrounded by buildings, cars and so on… I like what changes gradually, unknowingly.

In Credence / Decadence / Concession, I’m pretty sure that elusive field recordings play a bigger part in your soundscapes. Did you think it was time to expand your possibilities ?

I am sure I found a new possibility by myself through the recording. I enjoyed testing a method that is not restricted by only one way to compose like tape editing, beat, synthesizers, noise and so on, and tried to work with all those techniques at once.

Two tracks stand out more than the others for me : Decadence Pt.2 and Concession Pt.2. About the first, we could almost sense a rhythmic part underneath the expressive choir-like layers ; overall, it sounds more optimistic and exuberant than most of your previous tracks.

Thank you ! Decadence Pt.1 is darker and more abstract ; on the other hand, Decadence Pt.2 is more concrete and I really enjoyed making it in high spirits !

About Concession Pt.2, between organ loops and the rumbling low frequencies of a virtual space rocket mixing into epic proportions, I really imagined myself setting course towards space in an old-fashioned cinematic way. If we had to read between the lines, should we consider it as an overture to your future productions, going musically further than before and ready to explore new territories ?

It is more dramatic compared to any track I have created until now. It was kind of a miracle for me to finish Concession Pt.2 and I am not sure I could compose a similar track next time. It is quite difficult for me to do it considering my talent.

What do you mean about your talent ? Do you consider yourself unable to redo something like Concession Pt.2 ? Why so ?

For me, creating music is a matter of chance, so I actually have plenty of unfinished tracks and material. As for Concession Pt.2, I finished it up using some methods I don’t normally use, and I think it will be quite difficult for me to end up with something similar again.

The last question : do you have any secret project after Concession is released ? New album, new EP, live sets in the oven ?

I have a couple of projects, they were just started and I have no idea how they will go now. But I can say with no doubt I will keep creating music in the future.

Bonus round : can you tell us a bit more about the track you chose to end this interview ?

I enjoyed our conversation, and I came up with the idea I’d really like the readers to listen to one of my favorite tracks called Nocturne in Black and Gold with the interview. It is one I made last year. It lasts the same melody for about 30 minutes, but I am sure you can feel the slight change in the melody and the elapsed time. That’s why I chose it.

Thank you for your time, and see you soon !

Tomonari Nozaki

Dotflac

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  1. Pingback: Tomonari Nozaki – Triptych | Prisme d’existence | Tartine de contrebasse

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