Monolog. « c’est le plus grand sens du désordre auquel je sois parvenu »

Il y a des gens que les anniversaires horripilent. Nous on aime bien, surtout quand il s’agit des joyeux drilles d’Ad Noiseam. A l’occasion de la soirée parisienne des 13 ans du label, Tartine a pris quelques minutes entre Gore Tech et DJ Hidden pour poser quelques questions à Monolog. Le Danois, fraîchement arrivé dans l’écurie du label, vous parle de musiques lourdes, mais aussi, de façon plus étonnante, d’un orchestre de 13 tarés bruitistes fétichistes des ustensiles de cuisine, de sa relation privilégiée avec une chanteuse, d’Igorrr (je vous jure qu’on l’a pas fait exprès), de field-recording, etc… on a aussi bien essayé de le faire cracher sur Ad Noiseam, mais il a tenu bon. Pour les furieux, la version en anglais est en bas de page. Pour la version danoise, prière d’envoyer un email à machez-danois@tartine.com. Et tout en lisant, ça vous dirait bien d’écouter le set qu’il nous a livré à Paris, hm ? Hein ? Ben c’est juste en dessous.

Some people hate birthdays. We kind of like it, especially when it’s about Ad Noiseam crazy guys. During its parisian 13-years-anniversary label night, DoubleBass Toast took a few minutes between Gore Tech’s and DJ Hidden’s sets to ask a few questions to Monolog. The danish, freshman in the label’s stable, here talks about heavy music, but also about an orchestra of 13 crazy noisers and their fetishism about kitchen tools, about its privileged relation with a vocalist, about Igorrr (I promise this was not intended), about field-recording, etc… we also tried to make him say bad things about Ad Noiseam, but he held on. For the english version, please first hit the « play » button of the box below, to hear the set he made that night, then scroll down until the bloody french version is over. If you don’t hit the « play » button, your browser will explode. For the danish version, please send a email to chew-danish@tartine.com

Salut ! D’abord, pour les gens qui ne te connaissent pas encore, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Mads Lindgren, j’ai 37 ans, si ça peut être utile à qui que ce soit. Je viens du jazz et du metal, et je suis impliqué dans pas mal de groupes et de projets, comme Vestbirk Noise ensemble, un orchestre de 13 personnes avec lequel on joue avec de multiples ustensiles de cuisine. J’ai aussi commencé par faire pas de trucs en tant que guitariste de jazz, j’ai joué du jazz pendant beaucoup beaucoup d’années. Et j’utilise toujours cet instrument dans mon projet actuel, Monolog, que j’ai commencé en 2000, par là, et sous lequel j’ai fait… 20, non, 19 sorties, des albums, beaucoup d’EP en vinyle, sur différents labels, et puis aussi quelques sorties digitales entre les deux. J’ai un autre projet qui s’appelle Diasiva, avec Swarm Intelligence, qui est de la drum’n’bass dans laquelle on essaie de collisionner nos forces pour trouver un nouveau son collectif. Mais oui, sinon, je fais aussi dans le développement de logiciels, en travaillant pour Native Instruments et Ableton. J’essaie de créer les outils avec lesquels tu peux faire les sons, j’essaie d’apporter ma petite contribution à ce qu’on peut faire avec les logiciels de musique.

Donc tu fais ça pour vivre, et la musique vient en extra ? Est-ce que tu commences à vivre de ta musique ?

C’est plus une symbiose, maintenant, parce que mon travail est la musique et ma musique se fond dedans. C’est plus ou moins devenu deux carrières à temps plein maintenant, le boulot me donne un peu de liberté pour faire ma musique, et je me donne de la liberté dans ma musique pour aller au boulot, vice-versa. Et non, je ne vis pas de ma musique, j’en suis pas encore là. J’ai fait très attention à faire la musique que je voulais faire, plutôt que de faire ce que les gens voulaient entendre, ou ce qui se vendrait. Ça a vraiment toujours été le but, donc ouais, j’essaie de me tenir le plus loin possible du « satisfaire le public le plus possible ».

Comment est-ce que tu travailles ? Quand tu écris un morceau, qu’est-ce qui vient en premier ?

En fait, ça peut venir de différentes manières. En général ça commence par quelque chose qui foire, comme un accident dans mon laboratoire, avec un synthétiseur ou une guitare, ou une batterie, quelque chose comme ça, et après tout le reste suit en fonction. Par exemple j’ai une bonne ligne de batterie, ça m’inspire la basse, si j’ai une bonne basse, ça m’inspire pour la partition de batterie, et caetera. Ça peut vraiment commencer de différentes façons, ça peut commencer par un nouveau synthé, ou un nouveau son que j’ai enregistré quand je suis sorti, je fais beaucoup de field-recording. Je reviens chez moi avec un nouvel enregistrement d’un train qui fait un son intéressant, et ça va devenir le cœur du futur son, basiquement.

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A quel point dirais-tu que le field-recording est important dans ta musique ?

C’est une part énorme de ma musique. Pas seulement en termes de ce qui sort après la production, mais c’est aussi ce qui maintient tes oreilles ouvertes. Le monde est fait de belles musique, et il faut juste y prêter attention. En ce sens, c’est un élément très important pour ma musique, pas seulement en termes de sons dans les morceaux ou les sets, mais aussi en termes d’inspiration que ça m’apporte à écouter le monde.

Et quand les gens écoutent ta musique, est-ce qu’ils perçoivent cette part de field-recording ?

J’en sais rien. C’est tout l’intérêt. Parce qu’un truc peut être issu du field-recording, en soi il ne va pas faire beaucoup, mais si tu prends ce field-recording et que tu le plaques à une ligne de synthé, ou que tu lui colles une batterie, alors là tu as un empilement qui devient intéressant, parce que t’as des sons extérieurs, et des sons synthétiques, tu prends le meilleur des deux mondes et tu les combines comme ça.

Pour certains de tes morceaux (Aisbear, par exemple), on entend des voix. Pour toi, qu’est-ce que ça apporte à ton atmosphère ? Est-ce que c’est difficile de travailler avec des voix ?

J’ai écrit pas mal de musique avec Tone, et ça tombe de façon très naturelle, en particulier avec ce morceau, Aisbear. On a vraiment un langage musical mutuel, tous les deux. Quand t’as des voix, c’est souvent girly, très pop, et… enfin il y a toujours une façon différente de faire les choses, je veux dire, tu peux partir de voix metal dans de la drum’n’bass, ou du crossbreed ou ce que tu veux, ça pourrait toujours vouloir dire quelque chose de différent, mais ouais. Travailler avec Tone c’est très inspirant, elle bosse exactement aussi vite que moi, et avec la même aisance. Elle est très dans le moment, elle capture les voix instantanément, en faisant une ligne de voix sur l’intégralité du morceau, en l’écoutant d’une seule traite du début à la fin, et puis elle enregistre les chœurs, alors la totalité du processus d’enregistrement des voix prend en général une demi-heure, quelque chose comme ça. Et puis on s’assoit ensemble et commence à éditer le truc, et trouver quelles sont les parties qui fonctionnent. Donc en un sens, c’est très facile de travailler avec Tone, mais bon, j’ai aussi bossé avec des vocalistes avec qui c’était pas si facile et avec qui je n’avais pas grand-chose en commun.

Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ton prochain album ?

Ça fait 5 mois que j’y travaille, maintenant, et ça contient des collaborations avec 9 artistes différents, comme Swarm Intelligence, Balkansky, Tone, quelques MCs de New York… donc il va y avoir plus de voix. En fait, un peu de hip-hop, ce que j’ai toujours voulu faire, c’est aussi une part de moi-même. Donc oui, ce sera principalement des collaborations et des remixes, entre différents genres et projets. Ça a été un sacré travail de rassembler tout ça, et d’en faire un album. Il va sortir à la fin du mois de Mai, il s’appellera « Merge », la couverture n’est pas encore faite, et le mastering est en cours.

Qu’est-ce que tu cherches dans le fait de travailler avec d’autres producteurs ? Est-ce que tu essaies d’adapter ton son à ce qu’ils font, ou es-tu plus intéressé par le fait d’entendre leur version de Monolog ?

En fait, quand je bosse avec des gens, on se jauge et on se défie l’un l’autre. Par exemple, j’ai une opinion sur comment ça devrait sonner, et j’aime beaucoup quand quelqu’un me défie et me dit « en fait j’ai une autre idée », et puis être surpris, parce que travailler avec des vocalistes (je ne suis pas vocaliste moi-même), ils ont plus d’expertise, ils ont quelque chose qu’ils peuvent mettre sur la table, et tu as besoin d’écouter ce gens, et d’écouter ce qu’ils font. Donc je travaille avec les gens pour lesquels il y a une synergie créatrice, quand tu sens instantanément qu’il y a une profonde connexion musicale et que tu n’as pas besoin de parler de ce qui est bon ou de ce qui est mauvais, mais plus de ce qu’on va faire aujourd’hui. Un sens commun de l’esthétique, en fait. Ou une terminologie de base sur ce qu’on trouve bon ou mauvais.

Y a-t-il quelqu’un en particulier avec qui tu aimerais travailler dans le futur ?

Oui, il sont assis dans la pièce d’à côté ! [NB : DJ Hidden & Dean Rodell] Non, sinon il y a un paquet de gens avec qui j’aimerais travailler… je peux même tous te les nommer, la liste est tellement longue… J’aimerais bien faire quelque chose avec les mecs de Meshuggah, à un moment dans ma vie. Ça serait absolument fabuleux, ces gars ont fait quelque chose qui me touche profondément.

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Pour moi, ta musique est difficilement qualifiable, surtout à cause de ces beats enfantin, hasardeux, pseudo-naïfs, qui semblent animés par un esprit dérangé, sans aucune considération pour un sens de la logique et de l’organisation. Est-ce que tu penses que cette analyse n’est qu’un tissu de conneries, ou est-ce que c’est une atmosphère que tu recherches délibérément ? Comment est-ce que tu qualifierais ta musique ?

Tout comme je me défie moi-même et les gens avec qui je travaille, je défie tout autant les gens qui écouteront ma musique, et je suis très honoré quand les gens trouvent quelque chose dans ma musique, et trouvent que ça vaut le coup de l’écouter. Ça me rend vraiment heureux quand ça arrive. Je crois que le sens est une question de coïncidence, quand les gens se comprennent, et c’est pareil pour la musique. Il y a un sens pour moi, que je mets dans un morceau, et ça ne sera pas décodé à 100% par les auditeurs, mais l’approche globale, comme tu dis, peut être très chaotique et perturbante pour l’auditeur, mais si tu écoutes à nouveau, et que tu écoutes plus en profondeur, tu trouveras aussi qu’il y a beaucoup de boulot et beaucoup d’art derrière ce que tu es en train d’écouter. Je veux dire, chaque cymbale a été embrassée plusieurs fois, dans les morceaux que tu écoutes, alors… ouais, c’est le plus grand sens du désordre auquel je sois parvenu. Enfin, je crois que le monde est chaotique, en beaucoup de sens, et c’est aussi ce que ma musique représente.

Donc tu cherches à représenter ce chaos que tu vois ?

C’est juste ce sort, c’est pas une pensée consciente à l’intérieur de moi, ça sort juste comme ça. Je veux dire, je termine un morceau quand je pense qu’il est bon, et puis c’est fini. J’essaie pas, disons, de produire le morceau avec la partition de batterie de plus compliquée de l’histoire, ou alors d’ajouter des objets esthétique rigolos juste parce que, c’est juste comme ça que ça sort.

On peut voir que tu touches beaucoup de styles, de genres (avec Monolog aussi bien qu’avec Diasiva). Est-ce que tu essaies de les maintenir séparés les uns des autres, ou est-ce que ton intention est de les mélanger de plus en plus ?

Je me sentirais confiné ou enfermé si je décidais de séparer les genres ou les styles et de rester dans les limites de ceux-ci. La musique c’est l’exploration des espaces chaotiques, et ça me viendra toujours sous des formes différentes. J’essaie pas de construire des barrières entre ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire, j’essaie de rester aussi ouvert que possible à la musique qui veut s’exprimer à travers moi, et je l’aide à sortir du mieux que je peux. Je suis un serviteur de ma propre inspiration, et je me sens inspiré par beaucoup de choses.

Qu’est-ce qu’une structure comme Ad Noiseam t’apporte ? Quelle différence ça fait de sortir sur ce label par rapport à sortir ailleurs ?

Je pense que le travail de Nicolas Chevreux est vraiment admirable, dans beaucoup de sens. Pas seulement pour ce qu’il a fait ces treize dernières années, et la musique qu’il a apporté à l’ensemble du monde de la musique. Si tu regardes l’ensemble, le tout petit fragment qui s’appelle Ad Noiseam est absolument incroyable et inspirant, donc, en en ce sens, ça veut dire que ma musique va atteindre des gens que je n’aurais pas pu atteindre tout seul, ça veut dire qu’il y aura des concerts que j’aurais pas pu booker moi-même, et caetera. Donc ça m’apporte beaucoup d’ordre dans le chaos que représente le fait d’être musicien, beaucoup de structure dans mon travail de musicien. Donc ouais, Ad Noiseam m’a apporté de la structure. Et des dates limites… Tout le côté financier et vente c’est la seule chose pour laquelle je ne me sente pas vraiment concerné, mais oui, évidemment, Ad Noiseam a une plus grosse capacité à toucher les gens, et donc à vendre. Mais j’ai pas vraiment de points de comparaison avec d’autres labels.

Comment envisages-tu le live ? Est-ce que tu attends quelque chose de différent de ta musique lors de tes performances live ?

Ben, maintenant, à une heure d’un live, en général je pense que c’est horrible, parce que je pense toujours que les gens vont mal réagir, que ça va tomber à plat. Mais d’un autre côté, après, disons, 7 minutes dans le set, si les gens apprécient, tu te sens vraiment bien et tu as un déroulé de live très naturel. Il y a beaucoup de place à l’erreur, c’est un set improvisé, et ça peut aller dans toutes les directions, donc tout est dans le fait de contrôler ça, et d’essayer de contrôler ton propre sens de la nervosité. C’est un croisement pour toutes ces émotions variées, et puis il faut aussi essayer de se connecter au public qui est debout de l’autre côté des enceintes, parce que t’es dans une soirée, les gens veulent prendre du bon temps, et j’ai pas envie d’être le gars qui ruine la soirée.

Donc il y a un peu de compromis dans ce que tu fais en live ?

C’est différent, je dirais qu’il y a un écart entre ce que ça sonne et ce que ça aurait dû sonner, parce que mes sets contiennent des morceaux de mon travail en studio, évidemment, mais ça fonctionne aussi en cycle. C’est une situation où j’expérimente, je place un truc nouveau en live, pour lequel les gens pourront dire « c’est terrible ! », alors je le mets dans un autre morceau studio, et puis une fois que le morceau produit en studio est prêt, je l’utilise en live set, et caetera, donc ça fait un cycle complet.

Est-ce qu’il y a un album ou un artiste que tu as découvert ces derniers temps que tu voudrais partager ou recommander ?

Je suis vraiment tombé dans la musique d’Igorrr ces derniers temps, le chaos et l’humour qu’il partage avec M. Bungle par exemple, portés par une technique brillante, sont très stimulants à écouter, et puis évidemment ça fait résonner mon passé metal, breakcore, IDM, et l’énergie qui réside dans ces styles. Et puis j’ai un pote qui tient un label qui s’appelle Drowning cc, qui m’a ouvert au doom, mais pas ces putains de trucs stupides qui ne font que filer des coups de latte à des cailloux dans un cimetière, plus le côté intellectuel du truc. Sinon j’ai aussi pas mal écouté de noise ces derniers temps, et puis du jazz. Et puis il y a toujours des nouveaux noms qui émergent, mais je peux pas vraiment te dire qui ou quoi, c’est assez erratique, t’es dans une situation, tu t’attends pas forcément à voir un truc en particulier et tu découvres quelque chose de nouveau, c’est beaucoup dans le moment.

Qui as-tu le plus hâte d’entendre ce soir ?

Hidden, définitivement. Il fait ça depuis tellement d’années, c’est une légende, il a fait avancer la musique de tellement de façons différentes, ses performances de DJ crèvent le plafond, putain, alors je veux dire, ya pas photo. Et puis aussi Dean Rodell, de Machine Code [NDLR: chroniqué ici], qui est aussi un des grands agitateurs de la scène. J’ai aussi vu George faire un peu la même chose, Gore Tech, faire son truc et travailler dans cette direction, donc ouais, en fait c’est que des bonnes choses ce soir.

Et vous pouvez, évidemment, toujours vous procurer, moyennant quelques deniers, son dernier album, 2 dots left, chez Ad Noiseam. Et puis ceux d’avant aussi. Comme Lift and Hold for Stolen, chez Plasma Torus. Ne serait-ce que parce qu’il contient un morceau qui s’appelle Candice Candance.

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Monolog. « It’s the greatest sense of disorder I could ever come accross. »

Hi there. First, for those who don’t know you yet, could you present yourself and talk about you ?

My name is Mads Lindgren, I’m 37 years old, if it’s of any use, I come from Jazz and Metal background, and I have a lot of bands and was involved in various different projects like Vestbirk Noise ensemble, a 13-men noise orchestra playing on multiple kitchen ustensiles, also starting to do different things playing as a jazz guitarist, I played jazz guitars for many many years. And I still use it as my main instruments in my current production as Monolog, which is a project I started in 2000, something like that, and with which I have been releasing… 20, no 19 records, full-length CDs, vinyl EPs, on various labels, and also a few digital releases in between. I have a side-project called Diasiva, with Swarm Intelligence, which is drum’n’bass influenced where we kind of collide our forces and try to find a new collective sound. But yeah, my background is also software development, working for Native Instruments and Ableton, also driving the tools with which you can actually make the sound and making a little change with what you actually can do with music software.

So you do that for a living, and your music as an extra ? Do you start to make a living of your music ?

It’s more like a symbiosis now, because the work is the music and the music is blended in, and it has actually become two full-time careers more or less now, where work would give me a little freedom to do my music, and I give myself a little freedom in my music to go to my work and vice-versa. And no, I don’t make a living of my music, I’m not that far yet. I have been cautious about playing the music I wanted to play, instead of playing what people would want or what would sell records. It has gotten to be the aim of that, so yeah, trying to keep me as far away from crow pleasing as possible.

How do you work ? When you write a track, what comes first ? Rhythms, “melody” ?

Actually it starts at various different places. Mostly it’s something going wrong, like I have an accident in my laboratory, with a synthesizer or a guitar, a set of drums, something like that, and then everything else just follows consequently. Like I have a good drum layout, it inspires me the bass, if I have a good bass, it inspires me to do the drum layout, and so-forth. It can start in many different places, it can start from a new synth, a new sound, that I’ve recorded when I went out, I do a lot of field-recordings. I come home with a new recording of a train breaking in an interesting way, and that’s gonna become the heart of the song, basically.

How much would you say the field-recording is part of your music ?

It’s a huge part of it. Not only in terms of what kind of music comes out after the production, but also it keeps your ears open. The world is actually made of beautiful music and you just need to pay attention to it. So in that sense, it’s very important to my music, not only as sounds in the actual sets, but also in terms of inspiring me to listen to the world.

And when people is listening to your music, do they hear the part of the field-recording that’s in it ?

I don’t know. That’s the whole trick of it. Because one thing is field recording, and in itself it will not do much, but if you take that field recording and lay it out with a line of synthesizer, or stick some drums in there, then you have a layering that is interesting, because you have world sounds and you have synthetic sounds, so you get the best of both worlds when you start combining them that way.

For some of your songs (Aisbear for example), we can hear voices. To you, what does it bring to your atmosphere ? How hard is it to work with voices ?

I’ve been writing a lot of music with Tone, so it falls off very naturally, especially with that track, Aisbear. We have a very mutual musical language together. When you have voices it’s often very cheaky, very popy stuff, and… there’s always a different way of doing things, I mean, you could go from metal vocals inside drum’n’bass or crossbreed or whatever, it could still mean something different, but yeah. Working with Tone is very inspiring, she works just as quickly as I do, and just as fluently. She’s very much in the moment, capturing the vocals instantly, doing one vocal line on the entire track, listening from start to end, and then she records the choruses, so the whole recording process of the vocals would typically take 30 minutes, or something like that. And then we start sitting down together and editing it out, and finding which part works. So in that sense it’s very easy to work with Tone, but I’ve also worked with vocalists where it’s not so easy and we don’t have much in common.

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Can you tell us a little bit about your upcoming album ?

It’s been in the work for 5 months now, and it contains collaboration with 9 different artists, like Swarm Intelligence, Balkansky, Tone, a few MCs out of New York, so there’s gonna be more vocal stuff coming out. Actually some hip-hop, which I’ve always wanted to do, it’s also a part of me. So it’s mainly going to be collaborations and remixes across genres and projects. It’s been quite some work getting that together, and make it fit into an album. It will be released at the end of May, and it’s going to be titled “merge”, the artwork is not done yet and masters are in the process.

What do you seek in working with other producers ? Do you try to adapt your sound to what they’re used to do, or are you more interested in hearing their version of Monolog ?

Actually, when I work with people, we challenge each other. Like, I have an opinion on how it should sound, and I really like it when someone challenges it and says “well I have another idea”, and then getting surprised because working with vocalists – I’m not a vocalist myself – they have more expertise, they have something they can bring to the table, and you need to listen to these people and what they’re doing. So, I work with people with whom there’s a creative synergy, where you just instantly feel that there’s a deeper musical connection and you don’t have to talk about what’s good and what’s bad, but more about what we’re gonna do today. Like common sense of aesthetics basically. Or basic terminology on what we find is good or bad.

Is there anybody in particular you would like to work with in the future ?

They’re sitting right next door ! [NB : DJ hidden and Dean Rodell] There’s a lot of people I would like to work with, hum… I can’t even name all of them, the list is so long. I would like to do something with the guys from Meshuggah at some point in my life. That would be absolutely amazing, these guys did something that touches me deeply.

To me, your music is difficult to qualify and to assign to a category, due mainly to these childishly random pseudo-naïve beats, that sound animated by a crazy mind regardless of any sense of organization and logic. Do you think this analysis is total bullshit, or is it an atmosphere you are deliberately seeking for ? How would you qualify your own music ?

Just like I challenge myself and the people I work with, just as much will I challenge the people who is listening to my music, and I’m very honored when people find something in the music and find it worthy to listen to, so that makes me deeply happy it actually happens. I think meaning is very coincidental when humans understand each other, and it’s the same thing in music. There’s a meaning for me, that I put on the track and won’t be a 100% decoded by the listeners, but the whole approach to it, like you say, can be very chaotic and very disruptive for the listener, but then if you listen again and if you listen a little deeper, you’ll also find that there’s a lot of work and a lot of art going into the material you’re listening to. I mean, every hihat has been kissed many times over, in the tunes you are hearing, so… yeah, it’s the greatest sense of disorder I could ever come across. I mean I think the world is chaos in a lot of ways, and this is also what my music represents.

So you’re seeking to represent this chaos you find out there ?

It’s just what comes out, it’s not a conscious thought inside of me, it just comes out like that. I mean I finish a track when I think it’s good, and it’s finished. I don’t try to make, like, the most complicated drums track ever, of I don’t try to put funny aesthetics objects just to do so, it just comes out like that.

I can see that you’re touching a lot of styles and genres (through your releases as Monolog as well as Diasiva). Do you try to keep them separate from another or do you intend to mix them more and more ?

I would feel confined or trapped if I decided to stick to one sound or style. Music is exploration or the mentioned chaotic spaces and it will always come out in different forms. I don’t try to build barriers between what I can do and what I cant do, I try to remain as open to the music that wants to find a way out, and help it out as much as I can. I am a servant to my own inspiration and I feel inspired by many things.

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What does a structure like Ad Noiseam brings to you ? What is the difference between releasing on this label and releasing elsewhere (such as what you’re doing with diasiva) ?

I find the work of Nicolas Chevreux really admirable, and in a lot of ways. Like not only in terms of what he has been doing for nearly 13 years, and the music he has been bringing to the entire world of music. If you look at it as a whole, the little fragment that’s called Ad Noiseam is absolutely amazing inspiring music, so in that sense, it will mean that my music will reach a lot of people that otherwise I would not, there would be concerts that I would not have been able to book by myself, and so forth. So it’s bringing a lot of order into this chaos of being a musician, and a lot more structure to the work as musician. So yeah, Ad Noiseam brought me structure. And deadlines… The whole money and sales thing is the only thing I am not too concerned about, but obviously ad noiseam with a bigger reach and more sales. I just don’t have any benchmarks from previous labels to compare.

How is it for you to play live ? Do you expect different things from your music during the live performances ?

Like right now, one hour before a gig, I always think it’s really terrible, because I always think people will react to it in a bad way, that it’s going to fall flat. But on the other hand, like after 7 minutes into the set, if people is appreciating it, you feel really good and you have a natural liveflow. There’s a lot of room for mistake, it’s an improvised live set, and it can go to many different directions, so it’s about trying to control it, and trying to control your own sense of being nervous. It’s a crossing point for all these various emotions and also try to connect to the audience standing up on the other side of the speakers because this is a party situation where people want to have a good time, and I don’t want to be the guy who’s ruining up the party.

So there’s a little bit of compromise in what you do in live ?

It’s different, I would say that there’s a gap between how it sounds and how it would come across because the live set contains bits from the studio work, of course, and it also goes full cycle, where I haven’t experienced and I place some new stuff out live, where people just go “that’s insane !” and then I put it in another studio track, and then from the studio track, back into the livesets, so it goes like full cycle.

Is there an album or an artist you discovered during the last months you would want to share and recommend ?

I really got into Igorrr’s music lately, the chaos and humor he shares with M. Bungle for instance carried by technical brilliance is very stimulating listening to, – obviously he also appeals to my past in metal, break core, IDM and the energies that reside in these styles. And a friend of mine running a label called Drowning cc which opened my ears to doom music without it being the stupid fucking kicking over stones at a graveyard and this kind of thing, but more the intellectual part of it. I’ve also been listening to a lot of noise lately, and a lot of jazz. And there’s always new names coming up, I can’t really say who it was, it’s more random, you go into a situation, and you don’t expect to see something in particular and you discover something new, it’s very much in the moment.

Who are you most excited about hearing tonight ?

DJ Hidden, definitely. He’s been doing it for so many years, he’s a legend, and he has been moving the music in so many ways, his DJ performances are absolutely through the fucking roof, so I mean, there’s no doubt. And also Dean Rodell, Machine Code, is also one of the great movers of the scene. I’ve also seen George doing a similar thing, Gore Tech, doing his thing and working in that direction, also. So yeah, it’s actually all good live tonight.

Obviously, it’s still time to get Monolog’s last album, 2 dots left, on Ad Noiseam. Or even older ones, such as Lift and Hold for Stolen, on Plasma Torus, even if it’s only for Candice Candance. And I will end this Monolog interview with a picture of DJ Hidden. Just because.

DJ Hidden

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2 Commentaires

  1. PPR

    Bien ouéj l’itw 😉
    Muchos gracias

  2. Pingback: SSS Podcast #171 : Monolog - SSS / SeekSickSound

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